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Sous la surface

Julie Hanin - Naturo

Un espace intime où je mets des mots sur tout ce qu’on ne voit pas, dans le corps comme dans la tête. J’y glisse aussi des moments personnels, des réflexions et des instants plus introspectifs, pour partager ce qui se joue vraiment sous la surface.

julienaturo.substack.com
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  • French
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  • Friday · 6 min

    Tu veux mieux dormir ? Commence peut-être par bouger dans la journée (12/12)

    Tu es fatigué toute la journée, mais une fois au lit, ton corps ne semble pas prêt à dormir. Tu as pourtant passé une journée calme et tu t’es économisé parce que tu manquais déjà d’énergie. Le problème, c’est que moins tu bouges, moins ton organisme reçoit de signaux lui permettant de différencier clairement la journée de la nuit. À l’inverse, tu peux aussi t’entraîner beaucoup, terminer tard, accumuler les douleurs et avoir l’impression que ton corps reste en activité alors que tu voudrais dormir. Bienvenue dans le douzième et dernier épisode de la série « Un jour, une piste ».Aujourd’hui, nous allons parler du mouvement, de l’activité physique et de la récupération. Bouger aide à construire le sommeil Le sommeil ne commence pas au moment où tu te couches. Il se prépare tout au long de la journée. Lorsque tu marches, montes des escaliers, fais du vélo, jardines, ranges ta maison ou pratiques un sport, tes muscles travaillent et utilisent de l’énergie. Plus la journée avance, plus le besoin de récupération augmente. Cette pression de sommeil aide ensuite ton organisme à comprendre qu’il est temps de ralentir. L’activité physique peut aussi diminuer les tensions accumulées, améliorer la gestion du glucose et soutenir la régulation du stress. Tu n’as pas besoin de faire du sport intensif pour obtenir ces effets. L’activité physique comprend tous les mouvements qui sollicitent ton corps. Une marche régulière peut déjà envoyer un signal très différent d’une journée passée presque entièrement assis. La température participe aussi à l’endormissement Lorsque tu bouges, ta température corporelle augmente. Après l’effort, elle redescend progressivement. Cette baisse peut accompagner le signal qui prépare le corps au sommeil. Mais l’horaire et l’intensité comptent. Une séance très intense terminée peu de temps avant le coucher peut maintenir la température, le rythme cardiaque et le niveau d’activation trop élevés chez certaines personnes. Tu peux alors être physiquement fatigué, mais encore incapable de ralentir. Cela ne veut pas dire que faire du sport le soir empêche forcément de dormir. Si tu t’entraînes tard et que tu dors bien, il n’y a pas de raison de changer. En revanche, si tu restes éveillé longtemps après ta séance, l’horaire ou l’intensité méritent d’être observés. Pour une personne qui travaille en horaires décalés, ce n’est pas l’heure affichée sur la montre qui compte le plus, mais la proximité entre l’effort et le moment prévu pour dormir. Plus d’entraînement ne signifie pas toujours plus de sommeil L’exercice provoque une fatigue normale dont le corps récupère. Mais lorsque les séances sont trop nombreuses, trop intenses ou mal réparties, la récupération peut devenir insuffisante. Tu peux ressentir des courbatures persistantes, une baisse de tes performances, une fatigue inhabituelle, davantage d’irritabilité ou un rythme cardiaque plus élevé au repos. Ton sommeil peut devenir plus léger et plus fragmenté alors même que tu pensais qu’en te dépensant davantage, tu dormirais mieux. Le mouvement aide le sommeil lorsqu’il est adapté à tes capacités. S’il devient une contrainte supplémentaire pour un organisme déjà épuisé, il peut produire l’effet inverse. La nuit permet au corps de s’adapter Pendant l’activité physique, les muscles sont sollicités. C’est pendant la récupération, notamment pendant le sommeil, que le corps répare les tissus et construit une partie de ses adaptations. L’entraînement donne donc le signal, mais la récupération permet à l’organisme d’y répondre. Si tu enchaînes les séances sans dormir suffisamment, sans jours plus légers ou sans apporter assez d’énergie et de protéines à ton corps, tu peux accumuler de la fatigue au lieu de progresser. Le sommeil et l’activité physique fonctionnent ensemble. Mieux dormir aide à récupérer et à bouger. Bouger régulièrement peut, en retour, aider à mieux dormir. Ta piste concrète : trouve la dose qui aide tes nuits Pendant une semaine, observe trois choses : * Combien de temps passes-tu réellement en mouvement dans la journée ? * À quelle heure pratiques-tu ton activité la plus intense ? * Comment dors-tu les jours où tu bouges peu, les jours où tu bouges régulièrement et les jours où tu t’entraînes fortement ? Si tu es très sédentaire, commence simplement par ajouter une marche dans la journée. Il ne s’agit pas de te lancer immédiatement dans un programme sportif exigeant. Si tu t’entraînes déjà, observe plutôt la récupération. Ton sommeil se dégrade-t-il après certaines séances ? As-tu besoin de plus de temps pour ralentir ? Les douleurs te réveillent-elles ? Enchaînes-tu les efforts sans journée plus légère ? Tu peux aussi tester le déplacement d’une séance intense plus tôt dans ta période d’éveil, puis comparer ton endormissement et tes réveils. L’objectif n’est pas de trouver l’horaire parfait valable pour tout le monde. Il est de trouver la quantité, l’intensité et le moment qui permettent à ton corps d’avoir suffisamment bougé pour dormir, sans rester trop activé pour récupérer. Douze jours, douze pistes Cette série se termine ici. Pendant ces douze épisodes, nous avons regardé le sommeil sous plusieurs angles, parce qu’une mauvaise nuit ne se résume pas toujours à un écran, à un café ou à une heure de coucher trop tardive. Le rythme, le stress, les messagers du cerveau, l’inflammation, l’intestin, les micronutriments, la thyroïde, la glycémie, les hormones et le mouvement peuvent tous participer à la qualité de tes nuits. Toutes ces pistes ne te concernent probablement pas. L’idée était de t’aider à repérer celles qui ressemblent le plus à ce que tu vis, pour ne plus chercher une seule solution à tous les problèmes de sommeil. Merci d’avoir suivi cette série, d’avoir lu mes messages et d’avoir écouté ces douze pistes. J’aimerais maintenant savoir ce que tu en as pensé. * Quelle piste t’a le plus parlé ? * Est-ce qu’un épisode t’a permis de comprendre quelque chose que tu n’avais jamais relié à ton sommeil ? * Y a-t-il un sujet que tu aimerais que j’approfondisse ? Tu peux simplement répondre à ce mail, laisser un commentaire sous les publications de la série ou venir me partager ton ressenti sur ma page Instagram. Je lirai chacun de vos retours avec beaucoup d’attention. A bientôt.Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • Thursday · 5 min

    Ton sommeil a changé… et si tes hormones avaient changé avant lui ? (11/12)

    Tu dormais plutôt bien et, sans avoir vraiment changé tes habitudes, tes nuits sont devenues plus légères. Tu te réveilles davantage, tu as plus chaud, tu transpires ou tu n’arrives plus à retrouver un sommeil profond. Chez certaines femmes, ces changements reviennent toujours au même moment du cycle. Chez d’autres, ils apparaissent progressivement autour de la périménopause ou de la ménopause. Chez les hommes aussi, les hormones sexuelles et le sommeil peuvent s’influencer. Bienvenue dans le onzième épisode de la série « Un jour, une piste ».Aujourd’hui, nous allons comprendre comment les variations des hormones sexuelles peuvent modifier le sommeil. Les hormones influencent la nuit Les hormones sexuelles ne servent pas uniquement à la fertilité ou à la sexualité. Elles participent aussi à la régulation de la température, de l’humeur, du niveau d’activation et de certains messagers utilisés par le cerveau. Lorsqu’elles varient, le sommeil peut donc varier avec elles. Ce n’est pas toujours spectaculaire. Cela peut simplement se traduire par un sommeil plus léger, davantage de réveils ou une récupération moins bonne. Chez la femme, le sommeil peut suivre le cycle Au cours du cycle menstruel, les niveaux d’œstrogènes et de progestérone évoluent. La progestérone et certains de ses dérivés peuvent renforcer les messages calmants du cerveau. Lorsqu’elle diminue avant les règles, certaines femmes ressentent davantage de tension, d’irritabilité ou de difficultés à dormir. Les variations hormonales peuvent également modifier la température corporelle. Or, pour s’endormir correctement, le corps a besoin d’abaisser légèrement sa température. S’il reste trop chaud, l’endormissement peut devenir plus difficile et les réveils plus fréquents. C’est pour cette raison que certaines femmes dorment moins bien quelques jours avant leurs règles, même si leur alimentation, leur heure de coucher et leur environnement n’ont pas changé. Quand les hormones deviennent plus imprévisibles Pendant la périménopause, les hormones ne diminuent pas de façon régulière. Elles peuvent monter, descendre puis remonter d’un cycle à l’autre. Le sommeil peut alors devenir tout aussi imprévisible. Une nuit se passe bien, puis les suivantes sont entrecoupées de réveils, de sueurs ou de bouffées de chaleur. À la ménopause, la baisse des œstrogènes peut rendre la régulation de la température plus sensible. Une petite variation suffit parfois à déclencher une bouffée de chaleur et à provoquer un réveil. La personne peut avoir l’impression de se réveiller sans raison. Pourtant, c’est parfois la hausse de température qui la réveille avant même qu’elle ait conscience d’avoir chaud. Et chez l’homme ? Chez l’homme, la testostérone et le sommeil fonctionnent également dans les deux sens. Une partie importante de la production de testostérone se déroule pendant le sommeil. Des nuits trop courtes, fragmentées ou irrégulières peuvent donc perturber cette production. À l’inverse, un niveau de testostérone insuffisant peut s’accompagner de fatigue, d’une récupération plus difficile, d’une baisse de l’élan ou d’une modification de l’humeur. Le sommeil peut ainsi devenir moins réparateur, même si le nombre d’heures passées au lit semble suffisant. Une baisse d’énergie ou de testostérone ne doit toutefois pas être attribuée automatiquement à l’âge. Le stress, le manque de sommeil, l’excès de tissu adipeux, certains médicaments ou une mauvaise santé métabolique peuvent également intervenir. Le sommeil et les hormones s’influencent Les hormones peuvent perturber le sommeil, mais le manque de sommeil peut lui aussi modifier l’équilibre hormonal. C’est ce qui rend cette piste parfois difficile à repérer. Tu peux mal dormir parce que tes hormones changent. Puis, à force de mal dormir, ton organisme peut rencontrer davantage de difficultés à réguler ces mêmes hormones. Le problème ne vient donc pas toujours d’un manque de volonté ou d’une mauvaise routine du soir. Parfois, le corps a simplement changé et les anciennes habitudes ne suffisent plus. Ta piste concrète : cherche un rythme dans tes mauvaises nuits Si tu as un cycle menstruel, note pendant deux ou trois mois les jours où ton sommeil change. * Tes réveils apparaissent-ils toujours avant les règles ? * S’accompagnent-ils d’une sensation de chaleur, de sueurs, d’irritabilité, de tensions ou de fringales ? * Tes cycles sont-ils devenus plus courts, plus longs ou plus irréguliers ? Si tu n’as pas de cycle, observe plutôt l’évolution générale. * Ton sommeil s’est-il dégradé en même temps que ton énergie, ta récupération, ton humeur, ta libido ou ta capacité à construire et conserver du muscle ? L’objectif n’est pas d’attribuer automatiquement chaque mauvaise nuit aux hormones. Il s’agit de rechercher une chronologie et de voir si plusieurs changements sont apparus en même temps. Un bilan hormonal doit être replacé dans son contexte Un résultat hormonal isolé peut être difficile à interpréter. Chez une femme qui a encore ses règles, le taux d’œstrogènes, de progestérone, de FSH ou de LH dépend notamment du moment du cycle où le prélèvement a été réalisé. Une contraception hormonale modifie également la lecture des résultats. Chez un homme, la testostérone est généralement évaluée le matin, car son niveau varie au cours de la journée. La testostérone totale ne raconte pas toujours toute l’histoire, car une partie circule liée à des protéines, notamment la SHBG. Il faut donc regarder les résultats avec l’âge, les symptômes, le moment du prélèvement, les traitements éventuels et l’évolution du sommeil. Le but n’est pas de traiter un chiffre. Il est de comprendre si un changement hormonal peut participer à ces nuits devenues plus chaudes, plus légères ou moins réparatrices. Demain, pour la dernière piste de cette série, nous parlerons du mouvement, de l’activité physique et de la récupération. A demain,Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • September 16 · 7 min

    Tu te réveilles la nuit… et si ta glycémie faisait les montagnes russes ? (10/12)

    Tu te réveilles en pleine nuit sans comprendre pourquoi. Parfois, tu as chaud, tu transpires, ton cœur bat plus vite ou ton cerveau se remet soudainement en marche. Tu peux aussi te lever avec une sensation de faim, puis te rendormir difficilement. Ces réveils peuvent avoir de nombreuses causes. Mais parmi les pistes à envisager, il y en a une à laquelle on pense rarement : la manière dont ton corps gère le sucre pendant la nuit. Bienvenue dans le dixième épisode de la série « Un jour, une piste ».Aujourd’hui, nous allons parler de glycémie, d’insuline et de sommeil. Sans faire un cours compliqué, simplement pour comprendre comment des variations de sucre peuvent perturber tes nuits. La glycémie ne s’arrête pas quand tu dors La glycémie correspond à la quantité de glucose présente dans ton sang. Après un repas contenant des glucides, le glucose arrive dans le sang. Le pancréas libère alors de l’insuline. Tu peux imaginer l’insuline comme une clé. Elle permet au glucose de quitter le sang pour entrer dans certaines cellules, où il pourra être utilisé ou stocké. Une fois le repas digéré, la glycémie redescend progressivement. Même lorsque tu dors et que tu ne manges plus, ton organisme continue de la réguler. Ton foie libère notamment du glucose afin que ton cerveau et tes autres organes disposent toujours d’énergie. Normalement, tout cela se fait discrètement, sans te réveiller. Quand les variations perturbent la nuit Après un dîner très riche en glucides rapidement assimilés, la glycémie peut monter rapidement. Le corps répond en libérant de l’insuline pour faire redescendre le glucose. Chez certaines personnes, cette variation peut être suivie quelques heures plus tard d’une baisse plus marquée. Si le cerveau estime que le glucose disponible devient insuffisant, l’organisme peut réagir en libérant des hormones comme l’adrénaline et le cortisol. Leur rôle est d’aider le foie à remettre du glucose dans le sang. Le problème, c’est que ces hormones sont aussi des hormones d’activation. Elles peuvent accélérer le cœur, augmenter la vigilance et rendre le rendormissement plus difficile. Cela ne signifie pas que chaque réveil nocturne est provoqué par la glycémie. Mais des réveils accompagnés de faim, de sueurs, de chaleur, de palpitations ou d’une agitation soudaine peuvent rendre cette piste intéressante à observer. Quand l’insuline doit travailler davantage Parfois, les cellules deviennent moins sensibles au message de l’insuline. La clé est toujours présente, mais la serrure répond moins bien. Le pancréas compense alors en produisant davantage d’insuline pour maintenir la glycémie dans une zone considérée comme normale. C’est pour cette raison qu’une glycémie à jeun correcte ne suffit pas toujours à comprendre ce qui se passe. Le glucose peut encore être dans les normes alors que l’insuline travaille déjà beaucoup pour obtenir ce résultat. Avec le temps, cette régulation peut devenir moins stable. Certaines personnes ressentent davantage de fatigue après les repas, des fringales, une envie de sucre, des coups de barre dans la journée ou des réveils nocturnes. Le sommeil influence aussi la glycémie La relation fonctionne dans les deux sens. Des variations de glycémie peuvent perturber la nuit, mais le manque de sommeil peut également diminuer la sensibilité des cellules à l’insuline. Après plusieurs nuits trop courtes ou de mauvaise qualité, l’organisme peut avoir plus de difficultés à gérer le glucose. Le corps peut alors produire davantage d’insuline pour maintenir la glycémie. On peut ainsi entrer dans un cercle qui s’entretient : tu dors mal, ton corps gère moins bien le glucose, puis cette régulation plus difficile peut à son tour fragiliser ton sommeil. Ta piste concrète : observe ce qui précède tes réveils Pendant quelques jours, note l’heure de ton dîner, ce que tu as mangé et la manière dont tu as dormi. Tes réveils sont-ils plus fréquents après un repas composé principalement de pain, de pâtes, de riz, de pommes de terre, de desserts ou de produits sucrés ? Ton dîner contient-il une véritable source de protéines, des légumes et une source de matières grasses ? As-tu tendance à grignoter des aliments sucrés dans la soirée ? Tu peux tester un dîner plus équilibré, avec une source de protéines, des légumes, des matières grasses adaptées et une quantité de glucides correspondant à tes besoins. L’objectif n’est pas de supprimer systématiquement tous les glucides. Il s’agit surtout d’éviter qu’ils soient consommés seuls et en grande quantité, particulièrement en fin de journée. Une marche tranquille après le dîner peut également aider les muscles à utiliser une partie du glucose disponible. Regarde ce qui a réellement été mesuré Si les signes persistent, regarde ce qui apparaît dans ton bilan. * La glycémie à jeun a-t-elle été mesurée seule ? * L’insuline à jeun a-t-elle également été recherchée ? * Le calcul du HOMA a t-il été fait ? * L’hémoglobine glyquée, ou HbA1c, donne-t-elle une vision de la glycémie moyenne des derniers mois ? * Et les triglycérides ont-ils été regardés ? On pense souvent que des triglycérides élevés reflètent simplement une consommation excessive de gras. Pourtant, ils peuvent aussi révéler un excès de glucides. Lorsque le corps reçoit plus de glucose qu’il ne peut en utiliser ou en stocker sous forme de glycogène, le foie peut transformer cet excès de sucre en gras afin de le stocker plus facilement. Ce gras circule alors notamment sous forme de triglycérides. Ils apportent donc une information supplémentaire sur la manière dont ton organisme gère les glucides. Une glycémie à jeun dans les normes ne montre pas la quantité d’insuline nécessaire pour la maintenir. De la même manière, une moyenne correcte ne permet pas toujours de voir les variations importantes qui peuvent survenir après les repas ou pendant la nuit. Aucun résultat ne doit être interprété seul. Il faut le relier à tes repas, à tes sensations dans la journée, à tes réveils et à l’ensemble de ton contexte. Demain, nous parlerons d’une autre piste qui peut modifier le sommeil au fil de la vie : les hormones sexuelles. A demain, Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • September 15 · 7 min

    Tu dors mal… mais si ton corps tournait simplement trop vite ou trop lentement ? (9/12)

    Tu dors suffisamment, mais tu te réveilles épuisé.Ou alors tu es fatigué toute la journée et, une fois au lit, tu as chaud, ton cœur s’accélère et tu n’arrives plus à ralentir. Dans les deux cas, tu peux penser que le problème vient uniquement de ton sommeil. Pourtant, il arrive que tes mauvaises nuits soient la conséquence d’un organisme qui fonctionne trop lentement ou, au contraire, qui reste trop accéléré. Bienvenue dans le neuvième épisode de la série « Un jour, une piste ». Aujourd’hui, nous allons parler de la thyroïde et comprendre simplement comment elle peut influencer ton énergie le jour et ton sommeil la nuit. La thyroïde règle la vitesse du corps Imagine que ton organisme possède un accélérateur.La thyroïde participe au réglage de cet accélérateur. Elle aide tes cellules à déterminer la vitesse à laquelle elles vont produire et utiliser leur énergie. Lorsqu’elles en reçoivent trop peu, tout peut sembler fonctionner au ralenti. Tu peux ressentir de la fatigue, avoir froid, manquer d’élan, te sentir ralenti ou te réveiller sans avoir récupéré.À l’inverse, lorsqu’elles en reçoivent trop, ton organisme peut rester en surrégime. Tu peux avoir chaud, ressentir des palpitations, être agité ou avoir du mal à t’endormir. Le sommeil a besoin d’un organisme capable de ralentir le soir, puis de relancer son énergie le matin. Un fonctionnement thyroïdien déséquilibré peut brouiller cette alternance. De la TSH jusqu’à la T3 libre Pour comprendre simplement, il faut suivre une petite chaîne. La TSH est le message envoyé à la thyroïde pour lui demander de travailler. En réponse, la thyroïde fabrique principalement de la T4 libre, ou T4L. Mais cette hormone n’est pas encore la forme la plus active. Elle doit ensuite être transformée en T3 libre, ou T3L. C’est cette forme que les récepteurs de tes cellules peuvent principalement utiliser pour régler leur activité et leur production d’énergie. On a donc : TSH → T4L → T3L → utilisation par les cellules. Voilà pourquoi connaître uniquement la TSH ne permet pas toujours de comprendre toute la chaîne. Une TSH située dans les normes du laboratoire ne nous indique pas, à elle seule, si la transformation de la T4L en T3L se fait correctement ni comment les cellules utilisent ensuite cette T3L. Quel rapport avec ton sommeil ? Si tes cellules ne reçoivent pas suffisamment de T3L, ton corps peut produire son énergie plus lentement. Tu peux alors dormir, parfois même beaucoup, mais te réveiller avec l’impression que la nuit n’a pas vraiment rechargé tes batteries. À l’inverse, si le signal thyroïdien est trop fort, ton organisme peut rester trop activé. Le cœur peut battre plus vite, la température corporelle peut augmenter et le cerveau peut avoir plus de mal à se mettre au repos. La relation fonctionne aussi dans l’autre sens. Des nuits trop courtes, des horaires irréguliers ou un manque de sommeil répété peuvent perturber temporairement certains signaux hormonaux. Le sommeil et la thyroïde s’influencent donc mutuellement. L’un peut déséquilibrer l’autre et entretenir la fatigue ou les difficultés d’endormissement. Ce dont la thyroïde a besoin Pour fabriquer ses hormones, la thyroïde a besoin d’iode. Pour transformer la T4L en T3L, elle a notamment besoin de sélénium. Le magnésium participe à la production et à l’utilisation de l’ATP, la petite unité d’énergie des cellules. Dans l’organisme, cette énergie est souvent utilisée sous forme d’ATP associé au magnésium. Le fer et le zinc interviennent également dans plusieurs étapes du fonctionnement thyroïdien. Enfin, les hormones doivent pouvoir transmettre leur message aux cellules. La qualité et la fluidité des membranes cellulaires, influencées notamment par les acides gras qu’elles contiennent, participent au bon fonctionnement de leurs récepteurs. Cela ne signifie pas qu’il faut prendre tous ces nutriments sous forme de compléments. L’objectif est de comprendre qu’une thyroïde ne fonctionne jamais seule. Elle dépend aussi de ce qu’elle reçoit et de la manière dont le reste du corps travaille. Attention avec l’iode et le sélénium L’iode est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Mais cela ne veut pas dire que plus tu en prends, mieux ta thyroïde fonctionne. Un manque peut poser problème, mais un excès aussi. Une supplémentation en iode ne devrait donc pas être commencée au hasard. Il est préférable d’évaluer les apports et, lorsque cela est pertinent, le statut en iode avant d’en ajouter. La même prudence s’applique au sélénium. Il est utile à la transformation des hormones thyroïdiennes, mais une consommation excessive peut devenir néfaste. Avec ces deux nutriments, le bon niveau compte davantage que la quantité la plus élevée possible. Ta piste concrète : regarde toute la chaîne Commence par observer ton sommeil et ton état dans la journée. * Dors-tu suffisamment tout en te réveillant épuisé ? * As-tu souvent froid, les mains ou les pieds froids, un transit ralenti ou l’impression de manquer d’élan ? * Ou ressens-tu plutôt de la chaleur, des palpitations, de l’agitation et des difficultés à ralentir le soir ? Aucun de ces signes ne permet, à lui seul, de tirer une conclusion. Mais leur association peut donner une direction à explorer. Regarde ensuite ce qui a réellement été mesuré dans ton bilan. * La TSH apparaît-elle seule ? * La T4 libre a-t-elle été mesurée ? * La T3 libre a-t-elle également été recherchée lorsque le contexte le justifiait ? On peut avoir une TSH située dans les normes du laboratoire sans savoir si la transformation de la T4L en T3L est suffisante. Il faut également distinguer les normes du laboratoire des repères utilisés dans une lecture fonctionnelle.Une TSH supérieure à 2,5 n’est pas automatiquement anormale. Elle peut néanmoins attirer l’attention lorsqu’elle s’accompagne d’un sommeil peu réparateur, d’une fatigue persistante ou d’autres signes compatibles avec un ralentissement.Dans ce contexte, elle peut inviter à regarder plus attentivement ce qui se passe derrière, notamment la T4L puis la T3L lorsque cela est pertinent. Un chiffre isolé ne raconte jamais toute l’histoire. Ce qui compte, c’est la cohérence entre tes ressentis, ton sommeil, ton état dans la journée et l’ensemble des résultats. Demain, nous parlerons d’une autre piste capable de perturber la nuit : les variations de glycémie et la résistance à l’insuline. A demain, Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • September 14 · 11 min

    Tu prends du magnésium pour dormir. Mais est-ce vraiment ce qui te manque ? (8/12)

    Tu dors mal, alors tu prends du magnésium.C’est presque devenu un réflexe. Tu as du mal à t’endormir ? Magnésium. Tu te réveilles la nuit ? Magnésium. Tu es fatigué le matin ? Encore du magnésium. Mais si ton sommeil est perturbé, le magnésium n’est pas forcément le seul nutriment à regarder. Et surtout, ce n’est peut-être pas celui dont tu manques. Bienvenue dans le huitième épisode de la série « Un jour, une piste ». Aujourd’hui, nous allons parler du fer, de la vitamine B6, du magnésium, du zinc, des vitamines B9, B12 et D. Pas pour faire une liste de compléments. Pour comprendre pourquoi ton cerveau a besoin de plusieurs outils différents pour préparer et maintenir ton sommeil. Ton cerveau a besoin d’une équipe Pour t’endormir, ton organisme doit fabriquer certains messagers, calmer progressivement l’activité du système nerveux et permettre à ton corps de rester suffisamment confortable pendant la nuit. Chaque micronutriment participe à une partie différente de ce travail.Certains aident à fabriquer la sérotonine et la mélatonine.D’autres permettent de produire du GABA, le messager qui aide à ralentir l’activité du cerveau.D’autres encore participent au fonctionnement des muscles, à la gestion de l’inflammation ou à la régulation de l’horloge biologique. C’est un travail d’équipe.Et si l’un des outils manque, la mécanique peut devenir moins efficace. Mais cela ne signifie pas qu’il faut prendre tous ces nutriments en même temps. Il faut d’abord comprendre lequel pourrait réellement manquer. Le fer ne sert pas seulement à éviter l’anémie Quand on parle de fer, on pense généralement à la fatigue ou à l’anémie. Mais le fer participe aussi au fonctionnement du cerveau et à la fabrication de certains messagers chimiques. Il intervient notamment dans les premières étapes qui permettent de transformer le tryptophane en sérotonine, puis en mélatonine. Un statut en fer insuffisant peut donc s’accompagner de fatigue, mais aussi rendre cette chaîne de fabrication moins efficace. Le fer possède également un lien particulier avec le syndrome des jambes sans repos. Il s’agit d’un besoin difficile à contrôler de bouger les jambes, souvent accompagné de sensations désagréables. Cela apparaît surtout au repos, en fin de journée ou pendant la nuit, et le mouvement soulage temporairement. Certaines personnes ne pensent pas avoir un problème de sommeil. Elles disent simplement qu’elles ne trouvent jamais une position confortable ou que leurs jambes les empêchent de rester immobiles. Pourtant, ces sensations peuvent retarder l’endormissement et fragmenter la nuit. Dans ce contexte, le statut en fer mérite une attention particulière, même en l’absence d’anémie. La vitamine B6 aide le cerveau à freiner Dans la piste 3, nous avons parlé de l’équilibre entre le glutamate, qui stimule le cerveau, et le GABA, qui l’aide à ralentir. Pour transformer le glutamate en GABA, ton organisme utilise une enzyme qui a besoin de vitamine B6. La vitamine B6 intervient également dans la transformation du tryptophane en sérotonine. Elle participe donc à deux mécanismes déjà rencontrés dans cette série : la fabrication du frein GABA et la voie qui conduit à la mélatonine. Mais cela ne veut pas dire que prendre davantage de B6 fera forcément mieux dormir. Les quantités élevées prises sur une longue période peuvent provoquer des atteintes nerveuses. Il faut aussi vérifier les étiquettes, car la B6 peut être présente dans plusieurs produits en même temps : complexes de vitamines B, multivitamines, boissons enrichies ou compléments contre la fatigue. Le magnésium n’est pas un somnifère Le magnésium participe au fonctionnement du système nerveux, des muscles et à de très nombreuses réactions qui utilisent de l’énergie. Il soutient aussi indirectement les mécanismes d’apaisement du cerveau. C’est ce qui explique sa réputation de minéral du stress et du sommeil. Mais le magnésium ne fonctionne pas comme un bouton capable d’éteindre instantanément le cerveau. Les études sur la supplémentation et le sommeil montrent des résultats variables. Certaines personnes peuvent en tirer un bénéfice, notamment lorsque leurs apports sont insuffisants, mais il ne corrige pas à lui seul une hypervigilance, une apnée, des variations hormonales ou un rythme circadien décalé. Si tu prends du magnésium depuis plusieurs semaines sans observer de changement, la solution n’est donc pas forcément d’augmenter la dose. Il est peut-être simplement temps de regarder une autre piste. Le zinc travaille plus discrètement Le zinc intervient dans le fonctionnement du système nerveux et dans la communication entre les neurones. Il participe également à de nombreuses enzymes, à la régulation de l’inflammation et au fonctionnement de la thyroïde. Son lien avec le sommeil est moins direct que celui du fer dans les jambes sans repos ou de la vitamine B6 dans la fabrication du GABA. Un statut insuffisant peut néanmoins fragiliser plusieurs mécanismes qui participent indirectement à la qualité du sommeil. Le zinc illustre parfaitement la logique de cet épisode : un nutriment ne fait pas dormir à lui seul, mais il peut aider les systèmes qui préparent le sommeil à fonctionner correctement. Les vitamines B9 et B12 poursuivent le travail Dans l’épisode précédent, nous avons vu que les folates, c’est-à-dire la vitamine B9, et la vitamine B12 participent au recyclage nécessaire à la méthylation. Or la méthylation intervient dans la dernière étape de fabrication de la mélatonine. Nous n’allons pas refaire tout le chemin aujourd’hui. Retenons simplement que des apports insuffisants ou une mauvaise absorption de ces vitamines peuvent rendre cette voie moins fluide. Et pour la vitamine B12, la B12 active, appelée holotranscobalamine, est plus parlante que la B12 totale seule pour connaître la fraction réellement disponible pour les cellules. La vitamine D ne vient pas seulement du soleil La vitamine D participe à la régulation de nombreux mécanismes, notamment immunitaires et inflammatoires. Des récepteurs à la vitamine D sont également présents dans des régions du cerveau impliquées dans la régulation du sommeil. Des études observent un lien entre un statut bas en vitamine D et un sommeil de moins bonne qualité. Mais observer un lien ne signifie pas que le manque de vitamine D explique, à lui seul, les mauvaises nuits. Corriger un statut insuffisant peut être pertinent pour la santé globale. Cela ne garantit pas que la supplémentation réglera automatiquement le sommeil. Le dosage utilisé pour évaluer le statut est la 25-hydroxyvitamine D, souvent écrite 25(OH)D sur le bilan. Par où commencer concrètement ? La première étape n’est pas d’acheter un complément contenant tout ce que nous venons de citer. Commence par regarder si certains signes peuvent orienter la réflexion. Si tu ressens un besoin de bouger les jambes le soir, des sensations désagréables au repos, une fatigue importante ou si tu as des règles abondantes, il peut être pertinent de vérifier ton statut en fer. Et regarder uniquement la ferritine ne suffit pas toujours. La ferritine représente les réserves de fer, mais elle peut aussi augmenter en présence d’inflammation. Elle doit donc être interprétée avec le reste du bilan martial, notamment le coefficient de saturation de la transferrine, ainsi qu’avec la CRP pour tenir compte du contexte inflammatoire. Si tu consommes peu de produits animaux, si tu as des troubles digestifs, si tu prends de la metformine ou un traitement qui réduit l’acidité de l’estomac, la B12 active, les folates ou vitamine B9 et l’homocystéine peuvent apporter des informations complémentaires. Si tu es peu exposé à la lumière du jour, si tu couvres beaucoup ta peau ou si tu as déjà présenté un statut bas en vitamine D, la 25(OH)D peut être vérifiée. Pour le magnésium et le zinc, les dosages sanguins courants ne racontent pas toujours toute l’histoire. Ils doivent être interprétés avec les apports alimentaires, les symptômes et le contexte général. Commence aussi par regarder ton assiette Pour apporter du magnésium, pense notamment aux légumes verts, aux amandes, aux graines, au cacao non sucré et aux légumineuses. Le zinc se trouve dans les fruits de mer, les viandes, les œufs, les graines et les légumineuses. La vitamine B6 est présente dans les poissons, les volailles, les pois chiches, les pommes de terre et les bananes. Les folates, ou vitamine B9, se trouvent dans les légumes verts, les légumineuses, l’avocat et certains agrumes. La vitamine B12 est surtout apportée par les poissons, les fruits de mer, les œufs, les viandes, les produits laitiers et certains aliments enrichis. Le fer est présent dans les viandes, les abats, les fruits de mer, les œufs, les légumineuses et certaines graines. Le fer d’origine végétale est moins facilement absorbé, mais la vitamine C consommée au même repas peut favoriser son absorption. Quant à la vitamine D, elle est présente dans peu d’aliments. Les poissons gras, le jaune d’œuf et certains aliments enrichis peuvent en apporter, mais l’exposition au soleil reste une source importante. L’objectif n’est pas de manger tous ces aliments chaque jour. Regarde plutôt si ton alimentation est suffisamment variée pour fournir régulièrement ces différents outils. Évite la supplémentation au hasard Tous les micronutriments ne sont pas inoffensifs sous prétexte qu’ils sont vendus librement. Le fer peut être nocif lorsqu’il est pris sans besoin réel.Un excès prolongé de vitamine B6 peut endommager les nerfs.Une supplémentation importante en zinc peut déséquilibrer le statut en cuivre.Une dose de vitamine D doit être adaptée au statut de départ et au contexte de la personne. Et prendre plusieurs produits simultanément peut conduire à additionner les doses sans s’en rendre compte. Un complément est pertinent lorsqu’il répond à un besoin identifié. Pas simplement parce que le mot « sommeil » est écrit sur la boîte. Ton sommeil ne dépend pas d’un seul nutriment. Le fer et la vitamine B6 participent notamment aux voies qui permettent de fabriquer les messagers impliqués dans le sommeil. Le magnésium soutient le fonctionnement du système nerveux et des muscles, mais il n’endort pas tout le monde. Le zinc et la vitamine D interviennent dans plusieurs mécanismes qui peuvent influencer indirectement la qualité des nuits. Les vitamines B9 et B12 participent à la méthylation nécessaire à la dernière étape de fabrication de la mélatonine. Ces micronutriments sont donc des outils. S’ils manquent, certaines étapes peuvent moins bien fonctionner. Mais s’ils sont déjà présents en quantité suffisante, en ajouter ne réglera pas forcément tes nuits. La bonne question n’est donc pas : « Quel complément dois-je prendre pour dormir ? »La bonne question est : « Est-ce qu’un manque précis peut expliquer qu’une partie de la mécanique fonctionne moins bien ? » Dans le prochain épisode, nous allons parler de la thyroïde.Parce qu’elle influence ton énergie, ta température corporelle et ton niveau d’activation. Et selon son fonctionnement, elle peut aussi bien s’accompagner de somnolence que de nuits agitées. À demain pour la piste 9. Julie Ce contenu est informatif. Les analyses et la supplémentation doivent être adaptées à la situation de chaque personne. This is a public episode. 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  • September 13 · 10 min

    Et si ton corps avait les ingrédients de la mélatonine, mais peinait à terminer la recette ? (7/12)

    Tu as compris que pour fabriquer de la mélatonine, ton organisme avait besoin de tryptophane et qu’il devait passer par plusieurs étapes.Mais avoir tous les ingrédients dans la cuisine ne garantit pas que la recette sera terminée. Ton corps peut disposer de tryptophane, fabriquer de la sérotonine et pourtant rencontrer une difficulté dans les dernières étapes qui permettent d’obtenir de la mélatonine.C’est là qu’intervient la méthylation. Bienvenue dans le septième épisode de la série « Un jour, une piste ». Aujourd’hui, nous allons comprendre ce qu’est la méthylation, pourquoi elle participe à ton sommeil et ce que l’homocystéine peut nous apprendre sur son fonctionnement. Avoir les ingrédients ne suffit pas Dans l’épisode 4, je t’ai expliqué cette chaîne : Tryptophane → sérotonine → mélatonine Pour que cela reste simple, j’avais volontairement raccourci le chemin. En réalité, entre la sérotonine et la mélatonine, ton organisme doit encore réaliser plusieurs transformations.Et la dernière étape nécessite ce que l’on appelle une réaction de méthylation. La méthylation, la dernière étape de la recette Le mot paraît compliqué, mais le principe est assez simple. Imagine que ton corps possède une réserve de toutes petites étiquettes chimiques. Il déplace ces étiquettes d’une molécule à une autre pour terminer certaines fabrications ou modifier leur fonctionnement. Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, l’ajout de cette petite étiquette permet de terminer la fabrication de la mélatonine.Autrement dit, ton organisme peut avoir commencé correctement la recette. S’il ne parvient pas à réaliser efficacement cette dernière transformation, toute la chaîne peut être moins fluide. Cela ne veut pas dire que toutes les difficultés de sommeil viennent d’un problème de méthylation. Mais cela nous montre déjà pourquoi cette voie peut faire partie des pistes à regarder quand le sommeil reste perturbé. L’homocystéine au cœur du recyclage Évidemment, ton corps ne dispose pas d’un stock illimité d’étiquettes.Lorsqu’il en utilise une, il doit préparer la suivante. Il fonctionne donc avec un système de transformation et de recyclage permanent.Et c’est au cours de ce recyclage qu’apparaît l’homocystéine.L’homocystéine est une substance fabriquée naturellement par ton organisme lorsqu’il utilise un acide aminé appelé méthionine, que l’on retrouve dans les protéines alimentaires.Elle n’est donc pas un déchet toxique venu de l’extérieur. Imagine plutôt une bouteille consignée.Ton organisme utilise son contenu, puis il récupère la bouteille. Il peut alors la remplir de nouveau pour la remettre dans le circuit ou la transformer pour l’utiliser autrement.Normalement, l’homocystéine est donc rapidement recyclée ou dirigée vers une autre voie. Mais pour que ce recyclage se fasse correctement, ton corps a besoin de plusieurs outils. Parmi eux, on retrouve notamment les vitamines B2, B6, B9 et B12.Si ces vitamines ne sont pas suffisamment apportées, si elles sont mal absorbées ou si certaines étapes fonctionnent moins bien, le recyclage peut ralentir.L’homocystéine peut alors augmenter dans le sang. Quel lien avec ton sommeil ? Et c’est ici que le lien avec le sommeil devient intéressant.L’homocystéine ne mesure pas la qualité de ton sommeil. Une valeur élevée ne signifie pas non plus qu’elle provoque directement tes réveils ou tes difficultés d’endormissement.Elle peut en revanche nous signaler que le système de méthylation fonctionne moins facilement.Or ce système participe à la dernière étape de fabrication de la mélatonine. Il intervient également dans le fonctionnement de certains messagers du cerveau et dans la régulation du système nerveux. Lorsqu’une personne dort mal, se réveille fatiguée et rencontre en parallèle des difficultés de concentration, une fatigue persistante ou des apports insuffisants en vitamines B, l’homocystéine peut donc apporter un indice supplémentaire.Le raisonnement n’est pas : « Ton homocystéine est élevée, donc elle t’empêche de dormir. »Le raisonnement est plutôt : « Ton homocystéine est élevée. Regardons si les vitamines et les mécanismes utilisés pour fabriquer la mélatonine fonctionnent correctement. » Le piège de la B12 totale Et parmi les vitamines à regarder, la B12 demande une attention particulière.Dans une prise de sang classique, on mesure généralement la vitamine B12 totale. Le problème, c’est que cette valeur rassemble plusieurs formes de B12. Une partie circule dans le sang sans être directement disponible pour tes cellules.Tu peux donc avoir une B12 totale située dans les valeurs du laboratoire sans savoir précisément quelle quantité ton organisme est réellement capable d’utiliser. Pour obtenir une information plus parlante, il faut regarder la B12 active, également appelée holotranscobalamine.Elle correspond à la partie de la vitamine B12 qui peut réellement être apportée aux cellules. Pourtant, elle est rarement réalisée dans les bilans de ville. Elle doit souvent être demandée spécifiquement et tous les laboratoires ne la proposent pas.Pour mieux comprendre cette voie, on peut donc regarder l’homocystéine, la B12 active et les folates, c’est-à-dire la vitamine B9. Manger de la B12 ne garantit pas son absorption Mais même ces résultats doivent être replacés dans leur contexte.Parce que les vitamines ne dépendent pas uniquement de ce que tu manges. Encore faut-il réussir à les absorber et à les utiliser. Par exemple, la vitamine B12 est principalement apportée par les produits d’origine animale. Une personne qui en consomme très peu peut donc avoir des apports insuffisants. Mais une personne qui mange régulièrement des œufs, du poisson ou de la viande peut également manquer de B12 si elle l’absorbe mal. Cela peut notamment arriver en présence de certains troubles digestifs, après une opération digestive ou avec certains médicaments comme la metformine ou les traitements qui diminuent l’acidité de l’estomac. L’acidité gastrique participe à la libération de la B12 contenue dans les aliments. Si cette étape devient moins efficace, son absorption peut être réduite. MTHFR : une pièce du puzzle, pas toute l’histoire Il existe également des différences génétiques.Tu as peut-être déjà entendu parler du gène MTHFR. Ce gène permet de fabriquer une enzyme qui aide ton organisme à utiliser la vitamine B9. Certaines variantes peuvent ralentir cette étape du recyclage.Mais avoir une variante MTHFR ne signifie pas que ta méthylation est bloquée, que tu ne fabriques plus de mélatonine ou que cette variante explique à elle seule tes mauvaises nuits. L’alimentation, l’absorption digestive, les médicaments et les différents statuts en vitamines B comptent également.C’est tout l’intérêt d’une vision globale : ne pas transformer un seul résultat en explication universelle. Par où commencer concrètement ? Alors, par où commencer concrètement ? Commence par regarder si ton alimentation apporte régulièrement les vitamines utilisées dans cette voie. 1.Vitamine B6 La vitamine B6 se trouve notamment dans les poissons, les volailles, les pois chiches, les pommes de terre et les bananes. 2.Vitamine B9 La vitamine B9, aussi appelée folates, est présente dans les légumes verts, les légumineuses, l’avocat et certains agrumes. 3.Vitamine B12 La vitamine B12 se trouve principalement dans les poissons, les fruits de mer, les œufs, la viande et les produits laitiers. Certains aliments enrichis peuvent également en apporter. Ensuite, demande-toi si la question de l’absorption mérite d’être posée. Si tu consommes peu de produits animaux, si tu as des troubles digestifs, si tu prends de la metformine ou un traitement qui réduit l’acidité de l’estomac, la question de la B12 mérite une attention particulière. Enfin, si tu as déjà réalisé des analyses, regarde ce qui a réellement été mesuré. Est-ce que l’homocystéine apparaît ?Est-ce que ton bilan mentionne uniquement la B12 totale ?Est-ce que la B12 active, ou holotranscobalamine, a été recherchée ?Est-ce que les folates, donc la vitamine B9, ont été mesurés ? Très souvent, seule la B12 totale apparaît. Pourtant, elle ne permet pas toujours de connaître la quantité de B12 réellement disponible pour tes cellules. L’objectif n’est pas de commencer immédiatement plusieurs vitamines B. Une supplémentation commencée avant les analyses peut modifier les résultats et rendre plus difficile la compréhension de ta situation de départ. Si tu dois retenir une seule chose de cet épisode, retiens celle-ci :Pour terminer la fabrication de la mélatonine, ton organisme utilise la méthylation.Pour faire fonctionner et recycler ce système, il a notamment besoin de plusieurs vitamines B.Et l’homocystéine peut nous indiquer que ce recyclage mérite d’être vérifié. Elle n’est pas la cause automatique de tes mauvaises nuits. Elle est un indice qui permet de mieux comprendre si l’une des étapes utilisées pour fabriquer la mélatonine fonctionne moins bien. Dans le prochain épisode, nous allons élargir cette réflexion aux autres micronutriments qui peuvent influencer ton sommeil : le fer, le magnésium, le zinc et les vitamines B et D. Parce qu’un sommeil perturbé ne se résume pas forcément à un manque de magnésium. À demain pour la piste 8. Julie Ce contenu est informatif. Les analyses et la supplémentation doivent être adaptées à la situation de chaque personne. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • September 12 · 15 min

    Et si ton ventre perturbait tes nuits? (6/12)

    Tu te réveilles la nuit. Mais ce n’est peut-être pas ton cerveau qui t’a réveillée. Tu ouvres les yeux vers deux ou trois heures du matin.Tu changes de position.Tu ressens peut-être une légère gêne dans le ventre, une chaleur dans la poitrine, la gorge sèche ou le besoin de tousser. Mais rien de suffisamment fort pour que tu penses immédiatement à ta digestion.Alors tu te dis que tu es stressée, que ton cerveau ne sait pas s’arrêter ou que tu manques de mélatonine. Pourtant, ton système digestif peut perturber ton sommeil de manière très concrète.Un reflux, un ventre gonflé, des gaz, une digestion difficile, une douleur, un transit qui se réveille pendant la nuit. Aujourd’hui, dans la sixième piste de notre série “Un jour, une piste”, nous allons parler du lien entre l’intestin, la digestion et le sommeil. Sans raconter que tout vient de l’intestin ;)Et sans résumer ce lien à la sérotonine ou au microbiote. Ton système digestif ne s’éteint pas quand tu te couches Lorsque tu manges, ton appareil digestif doit transformer les aliments en éléments suffisamment petits pour être absorbés et utilisés. Cela demande plusieurs étapes: * Tu dois mâcher. * Ton estomac doit brasser le repas. * Il produit de l’acidité et libère des enzymes. * Le foie et la vésicule biliaire participent à la digestion des graisses grâce à la bile. * Le pancréas libère lui aussi des enzymes digestives. * Puis l’intestin absorbe les nutriments et fait avancer ce qui reste. La digestion ne s’arrête donc pas parce que tu as éteint la lumière.Si tu te couches alors que ton estomac est encore très rempli, ton organisme continue ce travail pendant que tu essaies de dormir. Cela ne dérange pas forcément tout le monde.Certaines personnes peuvent manger tard et dormir correctement.Chez d’autres, la quantité du repas, sa composition ou le fait de s’allonger rapidement peut favoriser une gêne digestive et fragmenter le sommeil. Le reflux ne ressemble pas toujours à une grosse brûlure Le reflux se produit lorsqu’une partie du contenu de l’estomac remonte dans l’œsophage.L’œsophage est le tube qui relie la bouche à l’estomac.Entre les deux se trouve une sorte de porte musculaire.Normalement, elle s’ouvre pour laisser passer les aliments, puis se referme.Mais si elle se relâche au mauvais moment ou si la pression dans l’estomac est importante, une partie du contenu peut remonter.Lorsque tu es debout, la gravité aide ce contenu à rester dans l’estomac.Lorsque tu t’allonges, cette aide diminue. C’est pour cette raison que le reflux peut devenir plus gênant pendant la nuit, surtout après un repas copieux ou pris peu de temps avant le coucher. Tu peux ressentir : * une brûlure derrière le sternum ; * un goût acide ou amer dans la bouche ; * des remontées alimentaires ; * une toux nocturne ; * une voix enrouée au réveil ; * une irritation dans la gorge ; * l’impression d’avoir une boule dans la gorge ; * ou des réveils dont tu ne comprends pas immédiatement l’origine. Tu peux donc avoir un sommeil perturbé par un reflux sans te réveiller en pensant :« J’ai un problème digestif. » Tu peux simplement constater que tu as beaucoup bougé, que tu as toussé ou que ta nuit n’a pas été réparatrice. Un ventre gonflé peut également empêcher le corps de relâcher Les ballonnements correspondent à une sensation de ventre gonflé, tendu ou plein.Ils peuvent être liés à la présence de gaz, mais pas uniquement.Ils peuvent aussi dépendre de la sensibilité digestive, de la vitesse du transit, de la constipation, de la manière dont les muscles digestifs se contractent ou de la façon dont le cerveau interprète les sensations venant du ventre. Deux personnes peuvent avoir une quantité de gaz assez proche et ne pas ressentir la même gêne.Chez une personne très sensible, une pression digestive modérée peut devenir suffisamment inconfortable pour retarder l’endormissement ou provoquer des réveils. Elle change de position; elle contracte son ventre, elle cherche une posture confortable.Son cerveau continue alors de recevoir des informations venant du corps.Le sommeil a plus de mal à rester profond lorsque l’organisme signale régulièrement un inconfort. Le problème n’est pas forcément le dernier aliment mangé Lorsque le ventre gonfle après un repas, le premier réflexe consiste souvent à accuser un aliment: * Le gluten. * Les produits laitiers. * Les légumineuses. * Les crudités. * Les fruits. * Les oignons. Mais un symptôme digestif ne dépend pas toujours d’un seul aliment. Il peut aussi être influencé par : * la quantité consommée ; * la vitesse à laquelle tu as mangé ; * une mastication insuffisante ; * un repas très riche ; * la succession de plusieurs aliments fermentescibles ; * la constipation ; * certains médicaments ; * le stress ; * une infection digestive ; * un trouble du fonctionnement de l’intestin ; * ou plusieurs facteurs associés. Un aliment peut également être mal toléré dans une certaine quantité et parfaitement accepté dans une portion plus petite.Supprimer des familles entières d’aliments sans comprendre ce qui provoque les symptômes peut appauvrir inutilement l’alimentation.Et cela peut réduire progressivement les apports en fibres, en vitamines et en minéraux. Le microbiote communique avec le reste du corps Le microbiote intestinal correspond à l’ensemble des micro-organismes qui vivent dans l’intestin.Ils participent notamment à la transformation de certains aliments que nous ne digérons pas entièrement.Lorsque certaines bactéries fermentent des fibres, elles fabriquent des substances appelées acides gras à chaîne courte.L’une d’elles est le butyrate.Le butyrate sert de source d’énergie aux cellules qui tapissent le côlon. Il participe aussi au maintien de la barrière intestinale et à la régulation des échanges avec le système immunitaire. Le microbiote peut donc communiquer avec le cerveau par plusieurs chemins : * par les substances qu’il fabrique ; * par le système immunitaire ; * par les hormones ; * par les nerfs qui relient l’intestin au cerveau. Mais cela ne signifie pas qu’il existe un « microbiote du sommeil » identique chez tout le monde.La recherche montre des liens entre microbiote et sommeil, mais elle ne permet pas encore de choisir une souche de probiotique universelle qui ferait dormir toutes les personnes.Prendre un probiotique au hasard parce que tu dors mal n’est donc pas une stratégie suffisamment précise.Certaines personnes peuvent même ressentir plus de gaz ou de ballonnements avec un produit mal adapté. Ton intestin participe aussi à l’absorption des outils du sommeil Dans les épisodes précédents, nous avons parlé du fer, de la vitamine B6, du magnésium et d’autres éléments utilisés par l’organisme.Les apporter dans l’alimentation ou dans un complément ne suffit pas toujours.Il faut également pouvoir les digérer et les absorber. L’acidité de l’estomac, les enzymes digestives, la bile, l’état de la muqueuse intestinale et certains médicaments peuvent influencer leur disponibilité.Par exemple, des troubles digestifs persistants, une maladie intestinale ou l’utilisation prolongée de certains traitements peuvent parfois contribuer à des apports ou à une absorption insuffisants. La digestion peut donc influencer le sommeil de deux manières : * directement, par l’inconfort qui empêche de dormir ; * indirectement, en modifiant la disponibilité de certains nutriments utilisés par l’organisme. Nous approfondirons les micronutriments dans une prochaine piste. Le sommeil influence aussi la digestion Le lien fonctionne dans les deux sens.Une nuit difficile peut modifier l’appétit, les choix alimentaires, la sensibilité à la douleur et la perception des sensations digestives. Lorsque tu es épuisée, tu peux également manger plus vite, te tourner vers des aliments plus faciles à attraper ou consommer davantage de produits très sucrés ou très gras.Et si tes horaires changent régulièrement, tes repas peuvent eux aussi se déplacer.Ton système digestif reçoit alors de la nourriture à des moments très variables.C’est particulièrement fréquent chez les personnes qui travaillent de nuit, en horaires décalés ou qui alternent les prises de poste.Il n’est pas toujours possible de manger tôt ou à heure fixe.L’objectif n’est donc pas d’imposer le même horaire à tout le monde.Il est de regarder comment ton organisation réelle influence tes symptômes. Que peux-tu faire si tu soupçonnes ta digestion ? Les conseils dépendent du symptôme.Une personne qui souffre de reflux n’a pas forcément besoin de la même stratégie qu’une personne constipée ou très ballonnée. 1. Si tu ressens des reflux ou des remontées Essaie, lorsque ton rythme le permet, de terminer ton repas environ trois heures avant de t’allonger.Ce délai ne représente pas une obligation pour tout le monde.Il peut être particulièrement utile si tes symptômes apparaissent une fois couchée.Observe également la taille du repas.Un dîner très volumineux augmente la pression dans l’estomac.Tu peux tester une portion plus modérée, sans pour autant te coucher affamée. Certains aliments ou boissons peuvent aggraver le reflux chez certaines personnes : * l’alcool ; * le café ; * le chocolat ; * la menthe ; * les plats très gras ; * les aliments très épicés ; * les aliments acides. Mais tu n’as pas besoin de supprimer toute cette liste si tu ne ressens aucun symptôme avec ces aliments.Cherche tes déclencheurs à toi. 2. Si tu te sens très ballonnée le soir Commence par ralentir le repas.Pose tes couverts.Mâche davantage.Évite de manger en quelques minutes devant un écran ou en continuant à travailler. La digestion commence dans la bouche. Mieux mâcher réduit la taille des aliments avant leur arrivée dans l’estomac et ralentit naturellement la vitesse du repas.Regarde ensuite la quantité totale.Un aliment bien toléré au déjeuner peut provoquer une gêne s’il est consommé en très grande quantité le soir avec plusieurs autres aliments fermentescibles.Si tu veux augmenter les fibres, fais-le progressivement.Passer brutalement d’une alimentation pauvre en végétaux à de grandes quantités de crudités, de légumineuses et de graines peut augmenter la fermentation et les gaz. 3. Si ton transit est ralenti La constipation peut favoriser une sensation de lourdeur, de tension et de ballonnement.Vérifie la régularité de ton hydratation, la place des végétaux, ton niveau de mouvement et ta possibilité d’aller aux toilettes sans te retenir.Mais ne cherche pas à provoquer une selle quotidienne à tout prix.La fréquence normale varie d’une personne à l’autre.Ce qui doit attirer l’attention, c’est surtout un changement inhabituel, des douleurs, des efforts importants, des selles très dures ou une sensation d’évacuation incomplète. 4. Si tu travailles en horaires décalés Tu ne peux pas toujours laisser trois heures entre ton repas et ton sommeil.Dans ce cas, évite si possible de concentrer toute ton alimentation sur un très gros repas juste avant de te coucher.Tu peux tester un repas principal plus tôt pendant ta période d’éveil, puis une prise alimentaire plus petite avant le sommeil si tu as faim.L’objectif est de tenir compte de ton rythme professionnel sans demander à ton estomac de gérer le repas le plus volumineux au moment où tu t’allonges. Le test digestif des trois soirées Pour cette piste, je ne te propose pas une nouvelle routine de sommeil. Je te propose une petite enquête.Pendant trois soirées, note cinq informations : * L’heure à laquelle tu termines ton dîner. * L’heure à laquelle tu t’allonges. * La taille approximative du repas. * Les symptômes ressentis : brûlure, remontée, gaz, ventre tendu, douleur, nausée ou envie d’aller aux toilettes. * La manière dont tu as dormi : endormissement difficile, réveils, toux, gorge irritée ou sommeil non réparateur. Ne change pas toute ton alimentation pendant ces trois jours.Tu cherches d’abord une répétition. Par exemple : * « Mes remontées apparaissent surtout lorsque je m’allonge moins d’une heure après un repas copieux. » * « Mon ventre est beaucoup plus tendu lorsque je mange très vite. » * « Je me réveille avec une irritation de la gorge après certains dîners. » * « Mes nuits sont plus agitées lorsque je n’ai pas été à la selle depuis plusieurs jours. » À partir de cette observation, tu peux tester un changement adapté : * avancer le dîner ; * diminuer son volume ; * ralentir le repas ; * déplacer certains aliments vers le déjeuner ; * répartir différemment les repas lorsque tu travailles de nuit ; * ou demander un avis professionnel si les symptômes sont fréquents. Cette méthode permet d’adapter la réponse au symptôme au lieu d’appliquer une liste d’interdictions identique à tout le monde. Quand faut-il demander un avis médical ? Une gêne occasionnelle après un repas très copieux peut arriver.En revanche, certains signes ne doivent pas être banalisés : * des difficultés ou des douleurs lorsque tu avales ; * des vomissements fréquents ; * du sang dans les vomissements ; * des selles noires ou contenant du sang ; * une perte de poids non recherchée ; * une douleur abdominale forte ou persistante ; * un ventre gonflé de manière prolongée ; * des symptômes digestifs qui s’aggravent ou ne s’améliorent pas. Dans ces situations, chercher uniquement l’aliment responsable ou multiplier les compléments digestifs peut retarder une prise en charge adaptée.Ton ventre ne doit pas être considéré comme le responsable automatique de toutes tes mauvaises nuits.Mais lorsqu’il brûle, gonfle, fait mal ou digère difficilement, il mérite une place dans la réflexion. Demain, nous parlerons de méthylation et d’homocystéine. Ces mots semblent beaucoup plus techniques.Pourtant, tu verras qu’ils décrivent un système de recyclage et de transport utilisé en permanence par ton organisme, notamment pour fabriquer et réguler plusieurs molécules en lien avec le cerveau et le sommeil. À demain pour la piste numéro 7. Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • September 11 · 16 min

    Ton tryptophane peut prendre une autre route. (5/12)

    Tu apportes peut-être suffisamment de tryptophane. Mais ton corps peut l’utiliser autrement. Hier, nous avons suivi une voie souvent associée au sommeil : Tryptophane → sérotonine → mélatonine Sur le papier, cela paraît presque mécanique.Tu apportes du tryptophane grâce à ton alimentation.Ton organisme le transforme.Tu fabriques de la sérotonine, puis de la mélatonine. Mais le tryptophane n’a pas une seule destination.Il se trouve devant plusieurs routes possibles.Et la voie qui mène à la sérotonine et à la mélatonine n’est pas celle qui utilise la majorité du tryptophane.Une grande partie emprunte naturellement une autre route : la voie des kynurénines.Tu n’as probablement jamais entendu parler des kynurénines. Pourtant, cette voie permet de comprendre pourquoi le sommeil peut être influencé par un phénomène qui semble, au premier abord, très éloigné de la nuit : l’inflammation. L’inflammation n’est pas forcément visible Lorsque tu entends le mot inflammation, tu imagines peut-être une cheville gonflée, une gorge rouge, une blessure douloureuse ou de la fièvre.Dans ces situations, l’inflammation est facilement identifiable.Mais elle peut aussi être plus discrète et persister à bas bruit. Elle peut être entretenue par différents facteurs : * une infection ; * une maladie inflammatoire ou auto-immune ; * une douleur persistante ; * un déséquilibre métabolique ; * un excès de graisse viscérale ; * une maladie bucco-dentaire ; * certains troubles digestifs ; * le tabagisme ; * une alimentation très riche en produits ultra-transformés ; * une récupération insuffisante ; * ou plusieurs de ces facteurs en même temps. L’inflammation n’est pas mauvaise par nature.C’est une réponse normale du système immunitaire. Elle permet à ton organisme de se défendre et de réparer les tissus. Le problème apparaît surtout lorsqu’elle reste activée trop longtemps ou lorsque sa régulation devient moins efficace. Quel rapport avec le tryptophane ? Lorsque le système immunitaire est activé, il libère différents messagers appelés cytokines.Ces cytokines peuvent stimuler une enzyme appelée IDO.Tu n’as pas besoin de retenir son nom.Tu peux simplement l’imaginer comme un agent de circulation. Lorsque l’activité immunitaire augmente, cet agent oriente davantage de tryptophane vers la voie des kynurénines.Le tryptophane ne disparaît pas.Il change de destination.Au lieu de poursuivre uniquement la route vers la sérotonine, une plus grande partie peut être transformée en kynurénine, puis en plusieurs autres molécules. C’est ici que l’histoire devient un peu plus complexe. Les kynurénines ne sont pas toutes mauvaises La voie des kynurénines est parfois présentée comme une voie toxique qu’il faudrait bloquer.Ce serait encore un raccourci.Cette voie est normale et remplit différentes fonctions. Elle participe notamment à la régulation immunitaire et à la production du NAD, une molécule impliquée dans la fabrication d’énergie cellulaire.La kynurénine peut ensuite donner naissance à plusieurs métabolites.Certains participent à des mécanismes protecteurs.D’autres, lorsqu’ils sont produits en plus grande quantité dans certains contextes, peuvent augmenter l’activité de récepteurs excitateurs comme les récepteurs NMDA dont nous avons parlé dans la piste 3. Tu te retrouves alors avec deux phénomènes possibles : * moins de tryptophane disponible pour la voie sérotonine-mélatonine ; * davantage de métabolites pouvant influencer l’excitation cérébrale, l’humeur et le sommeil. Mais ce mécanisme n’est pas automatique.Avoir une inflammation ne signifie pas que tu ne fabriques plus de sérotonine.Et mal dormir ne prouve pas que ta voie des kynurénines fonctionne mal.Nous parlons d’une piste possible parmi les douze de cette série. Pourquoi te sens-tu parfois épuisée quand tu es malade ? Tu as probablement déjà remarqué qu’en cas d’infection, tu peux ressentir une fatigue profonde, une envie de t’isoler, moins d’entrain et un besoin de dormir davantage.Ce comportement n’est pas seulement psychologique.Les messagers inflammatoires peuvent modifier l’activité cérébrale et le sommeil.À court terme, cela peut être une réponse d’adaptation. Ton organisme réduit certaines activités pour consacrer davantage de ressources à sa défense et à sa récupération. Mais lorsque l’inflammation persiste, le sommeil peut devenir moins réparateur ou plus fragmenté.Certaines personnes ressentent une forte fatigue dans la journée tout en ayant des difficultés à trouver un sommeil profond et continu la nuit.Cela peut sembler contradictoire.Pourtant, fatigue, somnolence et capacité à dormir ne représentent pas exactement la même chose. Le lien fonctionne également dans l’autre sens L’inflammation peut perturber le sommeil.Mais le manque de sommeil peut aussi influencer l’activité immunitaire.Lorsque les nuits courtes ou fragmentées se répètent, certains marqueurs inflammatoires peuvent augmenter. Un cercle peut alors se mettre en place : Sommeil perturbé → régulation immunitaire moins efficace → inflammation entretenue → sommeil encore plus fragile Cela ne signifie pas qu’une mauvaise nuit provoque immédiatement une maladie inflammatoire.Le corps sait s’adapter à une nuit occasionnellement difficile.C’est surtout la répétition, associée à d’autres facteurs, qui mérite de retenir notre attention. Pourquoi ajouter du tryptophane n’est-il pas toujours la réponse ? Si une plus grande partie du tryptophane emprunte la voie des kynurénines, tu pourrais être tentée d’en apporter davantage.Mais augmenter la quantité de matière première ne modifie pas forcément la direction qu’elle prend. Imagine un carrefour. Si la route vers les kynurénines est fortement ouverte, ajouter davantage de voitures à l’entrée du carrefour ne garantit pas qu’elles partiront vers la sérotonine.Une partie peut continuer à suivre la route favorisée par le contexte inflammatoire.Cela peut expliquer pourquoi une supplémentation en tryptophane n’apporte pas toujours le résultat attendu.Le 5-HTP contourne la première transformation du tryptophane, mais cela ne signifie pas qu’il doit être pris systématiquement.Il peut interagir avec les médicaments qui agissent sur la sérotonine, notamment certains antidépresseurs. Son utilisation doit donc tenir compte des traitements et du contexte global. Avant de vouloir forcer une voie, il peut être plus pertinent de comprendre ce qui en modifie l’orientation. Alors, comment agir sur cette piste ? Il n’existe pas un aliment ou un complément capable d’éteindre toute inflammation. L’objectif consiste à repérer ce qui peut l’entretenir et à agir sur les facteurs réellement modifiables. 1. Repérer les signaux qui méritent d’être approfondis Une fatigue persistante accompagnée de douleurs, de troubles digestifs importants, de symptômes articulaires, de problèmes cutanés récurrents, d’infections fréquentes ou d’une altération générale de l’état de santé mérite d’être explorée avec un professionnel de santé.Ces symptômes ne signifient pas automatiquement qu’une inflammation explique ton sommeil.Ils indiquent simplement qu’il ne serait pas pertinent de répondre uniquement avec de la mélatonine ou une plante calmante.L’inflammation peut avoir de nombreuses origines.Chercher à la faire baisser sans comprendre ce qui l’entretient risque de masquer une partie du problème. 2. Regarder la structure générale de ton alimentation Une alimentation favorable à la régulation de l’inflammation ne repose pas sur un produit miracle.Elle repose surtout sur ce qui revient régulièrement dans ton assiette. Tu peux observer la place accordée : * aux légumes ; * aux fruits entiers ; * aux herbes, épices et aromates ; * aux légumineuses si tu les tolères ; * aux noix et aux graines ; * aux poissons, notamment aux poissons gras ; * aux huiles riches en acides gras insaturés, comme l’huile d’olive ; * aux aliments peu transformés. À l’inverse, si une grande partie de ton alimentation provient de produits ultra-transformés, de boissons sucrées, de pâtisseries, de charcuteries et de cuissons très grasses répétées, tu peux progressivement modifier cet équilibre.Il ne s’agit pas de classer chaque aliment comme « inflammatoire » ou « anti-inflammatoire ».Un aliment consommé ponctuellement ne décide pas, à lui seul, de ton niveau d’inflammation.C’est l’ensemble de ton alimentation, sa répétition et son adaptation à tes besoins qui comptent. Une action concrète pour ton prochain repas Au lieu de supprimer une longue liste d’aliments, regarde ton prochain repas.Cherche simplement à y retrouver : * une source de protéines ; * au moins deux végétaux différents ; * une matière grasse de qualité ; * une portion adaptée à ta faim et à tes besoins. Tu peux, par exemple, ajouter des légumes à un repas qui en contient peu, remplacer une sauce industrielle par de l’huile d’olive et des herbes, ou prévoir du poisson gras dans la semaine.Cette stratégie est souvent plus durable que de commencer un protocole très restrictif dès que tu entends le mot inflammation. 3. Augmenter progressivement les fibres, si ton système digestif les tolère Certaines fibres alimentaires sont utilisées par le microbiote intestinal.Leur fermentation permet notamment la production d’acides gras à chaîne courte comme le butyrate.Le butyrate sert de source d’énergie aux cellules du côlon et participe au maintien de la barrière intestinale ainsi qu’à la régulation immunitaire.Mais plus de fibres n’est pas toujours synonyme de mieux, surtout du jour au lendemain.Si tu manges peu de végétaux et que tu augmentes brutalement les légumes, les légumineuses, les graines et les aliments complets, tu peux provoquer davantage de gaz, de douleurs ou de ballonnements.L’augmentation doit rester progressive et adaptée à ta tolérance.Si les fibres aggravent fortement tes symptômes, la bonne réponse n’est pas forcément de les supprimer définitivement.Il peut être nécessaire de comprendre pourquoi elles sont mal tolérées.Nous approfondirons précisément le lien entre digestion, intestin et sommeil dans la prochaine piste. 4. Donner une vraie place aux oméga-3 alimentaires Les oméga-3 participent à la régulation des réponses inflammatoires.Tu peux en retrouver principalement dans les poissons gras comme les sardines, les maquereaux, le hareng et le saumon.Les noix, les graines de lin et les graines de chia apportent un autre oméga-3 appelé ALA, dont la conversion en EPA et DHA reste limitée.Cela ne les rend pas inutiles. Elles n’apportent simplement pas exactement les mêmes formes.Un complément d’oméga-3 peut être intéressant dans certaines situations, mais sa qualité, sa dose, sa conservation et sa compatibilité avec les traitements doivent être prises en compte.Une capsule portant la mention « oméga-3 » ne garantit pas une quantité suffisante d’EPA et de DHA. 5. Faire bouger les muscles régulièrement L’activité physique régulière participe à la régulation métabolique et immunitaire.Les muscles ne servent pas uniquement à produire un mouvement.Lorsqu’ils travaillent, ils libèrent également des molécules capables de communiquer avec d’autres tissus.L’exercice peut aussi modifier la manière dont la kynurénine est métabolisée par les muscles.Cela ne transforme pas une séance de sport en traitement de toutes les inflammations.Mais cela donne une raison supplémentaire de ne pas considérer le mouvement uniquement comme un moyen de brûler des calories.Une marche, une séance de renforcement musculaire, du vélo ou une activité d’endurance adaptée peuvent trouver leur place.La régularité compte davantage qu’une séance très intense suivie de plusieurs jours de récupération difficile. 6. Ne pas oublier les sources d’inflammation qui ne sont pas dans l’assiette Tu peux avoir une alimentation très travaillée et conserver un facteur inflammatoire qui nécessite une autre réponse. Par exemple : * une infection non résolue ; * une maladie inflammatoire ; * un problème dentaire ; * une douleur persistante ; * le tabagisme ; * une mauvaise santé métabolique ; * un trouble digestif important ; * ou un sommeil très fragmenté par un trouble respiratoire. Dans ces situations, ajouter du curcuma, des oméga-3 ou du tryptophane ne remplace pas une prise en charge adaptée. La pratique proposée pour cette piste Pendant trois jours, réalise un inventaire inflammatoire, sans chercher à tout modifier.Note simplement : Dans ton assiette * Combien de végétaux différents as-tu mangés ? * As-tu consommé une source d’oméga-3 ? * Quelle place ont occupée les produits ultra-transformés ? * Tes repas provoquent-ils régulièrement des douleurs, des reflux ou des ballonnements importants ? Dans ton corps * Ressens-tu des douleurs persistantes ? * Présentes-tu des symptômes cutanés ou articulaires récurrents ? * Ton transit est-il très irrégulier ? * As-tu un problème bucco-dentaire en attente ? * Ton sommeil est-il perturbé par une douleur, des ronflements ou une gêne respiratoire ? Dans ton quotidien * As-tu marché ou utilisé tes muscles ? * Fumes-tu ? * Récupères-tu suffisamment entre tes séances sportives ? * Une situation connue pour entretenir une inflammation est-elle déjà suivie ? Cet inventaire ne sert pas à conclure que ton sommeil est perturbé par l’inflammation.Il sert à repérer si cette piste mérite d’être approfondie au lieu d’ajouter automatiquement un produit pour dormir. Demain, nous allons poursuivre avec un acteur directement connecté à l’immunité, aux nutriments et au sommeil : l’intestin. Nous verrons pourquoi une digestion difficile peut perturber la nuit de manière très concrète, même sans passer par la sérotonine : reflux, ballonnements, douleurs, transit, microbiote, absorption des nutriments et horaires des repas. À demain pour la piste numéro 6. Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • September 10 · 15 min

    La mélatonine n’est pas un bouton OFF (4/12)

    Il fait nuit. Tu es fatiguée. Alors pourquoi le sommeil ne vient-il pas ? On pourrait penser que le fonctionnement est simple.La nuit tombe.Ton cerveau fabrique de la mélatonine.Tu t’endors. Mais si cela fonctionnait toujours ainsi, il suffirait d’éteindre la lumière ou de prendre un comprimé de mélatonine pour régler toutes les difficultés de sommeil.Or, tu peux être dans le noir, sentir la fatigue et rester pourtant bien éveillée. Tu peux également prendre de la mélatonine et ne constater presque aucun changement.Pourquoi ?Parce que la mélatonine n’est ni un somnifère fabriqué par ton cerveau, ni un bouton capable d’éteindre instantanément ton état d’éveil.Elle se trouve au bout d’une chaîne de transformations.Une chaîne qui commence notamment avec un élément apporté par ton alimentation : le tryptophane. Aujourd’hui, dans la quatrième piste de notre série “Un jour, une piste”, nous allons suivre son parcours. Tryptophane.Sérotonine.Mélatonine. Trois noms que tu as probablement déjà entendus, mais dont le fonctionnement est souvent beaucoup trop simplifié. Le tryptophane : le point de départ Le tryptophane est un acide aminé. Les acides aminés sont les petites briques qui permettent notamment à ton organisme de fabriquer ses protéines.Certains peuvent être produits par ton corps.D’autres doivent être apportés par l’alimentation.Le tryptophane fait partie de cette deuxième catégorie. Tu peux en retrouver dans de nombreux aliments contenant des protéines : * les œufs ; * les poissons ; * les viandes et les volailles ; * les produits laitiers ; * les légumineuses ; * les noix et les graines ; * le tofu et certains produits à base de soja. Une partie du tryptophane peut servir à fabriquer de la sérotonine, puis de la mélatonine. Mais attention au premier raccourci :manger un aliment riche en tryptophane ne garantit pas que tout ce tryptophane sera utilisé pour fabriquer de la mélatonine. Le tryptophane a plusieurs destinations possibles dans l’organisme.La voie qui conduit à la sérotonine et à la mélatonine n’en utilise qu’une partie. Avant d’être transformé, le tryptophane doit accéder au cerveau Imagine une porte d’entrée avec un nombre de places limité. Le tryptophane veut passer, mais il n’est pas seul à attendre.D’autres acides aminés utilisent le même système de transport pour entrer dans le cerveau.Ils se retrouvent donc en concurrence.Cela signifie que la quantité de tryptophane contenue dans un aliment ne suffit pas à prédire la quantité qui parviendra réellement au cerveau. Ce qui compte aussi, c’est sa proportion par rapport aux autres acides aminés présents dans le sang.Voilà pourquoi l’affirmation : « Mange de la dinde le soir, elle contient du tryptophane et tu dormiras mieux » est beaucoup trop rapide.La dinde apporte bien du tryptophane.Mais elle apporte également d’autres acides aminés qui utilisent la même porte d’entrée.Cela ne fait pas de la dinde un mauvais aliment. Cela signifie simplement qu’aucun aliment ne peut garantir, à lui seul, la fabrication de mélatonine. Une fois dans le cerveau, le tryptophane doit encore être transformé Le tryptophane ne devient pas directement de la mélatonine. Il doit franchir plusieurs étapes.Le parcours simplifié ressemble à ceci : Tryptophane → 5-HTP → sérotonine → mélatonine À chaque étape, des enzymes réalisent la transformation.Tu peux imaginer ces enzymes comme des ouvriers spécialisés.Mais pour travailler correctement, ces ouvriers ont besoin de certains outils. Parmi ces outils, on retrouve notamment : * le fer ; * la vitamine B6 ; * la BH4, une molécule fabriquée par l’organisme ; * puis d’autres éléments impliqués dans les étapes suivantes. Cela ne signifie pas que toute personne qui dort mal manque de fer ou de vitamine B6.Cela signifie que l’organisme ne fabrique pas ses neurotransmetteurs à partir d’un seul ingrédient.Avoir la matière première ne suffit pas si certaines étapes de transformation fonctionnent moins bien. Nous reviendrons plus précisément sur le fer, la vitamine B6 et les autres micronutriments dans une prochaine piste. La sérotonine n’est pas seulement « l’hormone du bonheur » La sérotonine est souvent présentée comme l’hormone du bonheur. C’est une description très réductrice.Il s’agit principalement d’un neurotransmetteur, donc d’un messager chimique utilisé par le système nerveux.Elle participe notamment à la régulation de l’humeur, de l’appétit, de l’impulsivité et du sommeil.Une grande quantité de sérotonine est également produite dans l’intestin.Mais la sérotonine fabriquée dans l’intestin ne traverse pas librement la barrière qui protège le cerveau.Dire que l’intestin produit de la sérotonine est donc exact.Dire que cette sérotonine intestinale va directement alimenter le cerveau et fabriquer sa mélatonine ne l’est pas. L’intestin peut influencer le cerveau par de nombreuses autres voies, mais nous y reviendrons dans un autre épisode. La mélatonine est avant tout un signal horaire Lorsque l’environnement s’assombrit et que ton horloge interne estime que la nuit commence, la production de mélatonine augmente. Son message pourrait être traduit ainsi : « Pour l’organisme, la période biologique de nuit commence. »Elle contribue à préparer le terrain au sommeil.Mais elle ne provoque pas systématiquement un endormissement immédiat.Tu peux produire de la mélatonine et rester éveillée si d’autres systèmes continuent d’entretenir ta vigilance. Par exemple : * si tu es très stressée ; * si ton cerveau reste stimulé ; * si tu as consommé de la caféine tardivement ; * si tu ressens une douleur ; * si ton rythme est fortement décalé ; * si ton environnement est lumineux ; * si tu souffres d’un autre trouble du sommeil. C’est tout le principe de cette série.Une même difficulté peut être influencée par plusieurs mécanismes. La lumière peut interrompre le message La production de mélatonine est étroitement liée à l’alternance entre la lumière et l’obscurité. La lumière reçue par les yeux transmet une information à l’horloge interne.En journée, cette lumière contribue à signaler que l’organisme doit être actif.En soirée, la diminution de l’intensité lumineuse favorise la préparation à la nuit biologique. Toutes les lumières n’ont pas exactement le même effet. L’intensité, la durée, l’horaire et la proximité de la source comptent également.Le problème n’est donc pas seulement la couleur bleue d’un écran.Regarder un petit écran peu lumineux pendant quelques minutes n’est pas comparable au fait de travailler pendant deux heures sur un écran très lumineux, placé près du visage, tout en répondant à des messages stressants. Il faut considérer deux formes de stimulation : * la lumière reçue par les yeux ; * le contenu qui maintient le cerveau actif. Tu peux donc utiliser un filtre et rester malgré tout très stimulée par ce que tu regardes. Pourquoi la mélatonine en complément ne fonctionne-t-elle pas toujours ? La mélatonine prise en complément peut être utile dans certaines situations, notamment lorsqu’il existe un décalage de l’horloge interne, comme lors d’un décalage horaire ou de certains rythmes de sommeil retardés. Mais elle n’est pas une réponse universelle à toutes les mauvaises nuits.Son effet dépend notamment : * de la situation ; * du moment auquel elle est prise ; * de la dose ; * de l’âge ; * des autres traitements ; * du rythme de sommeil ; * de la raison pour laquelle le sommeil est perturbé. Prise au mauvais moment, elle peut déplacer l’horloge interne dans une direction qui n’est pas celle recherchée. Prise à une dose trop importante, elle n’est pas forcément plus efficace et peut provoquer une somnolence le lendemain, des maux de tête, des nausées ou des sensations vertigineuses. La mélatonine est une hormone, même lorsqu’elle est vendue comme complément.« Naturel » ne signifie pas automatiquement anodin ni adapté à tout le monde.Elle peut également interagir avec certains médicaments. Un avis professionnel est particulièrement important en cas de traitement anticoagulant, d’épilepsie, de grossesse, d’allaitement ou avant d’en donner à un enfant. Pour les difficultés de sommeil persistantes, les données disponibles ne permettent pas de présenter la mélatonine comme la première réponse à utiliser systématiquement. Les approches comportementales adaptées au sommeil restent la référence initiale dans de nombreuses recommandations. Et le tryptophane ou le 5-HTP en complément ? Le raisonnement paraît encore une fois logique. Si le tryptophane sert à fabriquer la sérotonine, puis la mélatonine, il suffirait d’en prendre davantage.Mais apporter plus de matière première ne garantit pas qu’elle prendra la direction souhaitée.Le tryptophane peut emprunter d’autres voies.Son passage vers le cerveau est régulé.Sa transformation dépend de plusieurs étapes.Et le contexte inflammatoire peut modifier son utilisation, ce que nous verrons demain. Le 5-HTP se situe une étape plus loin dans la chaîne. Il contourne donc la première transformation du tryptophane.Cela ne le rend pas automatiquement adapté ni sans risque. Le tryptophane et le 5-HTP peuvent interagir avec des médicaments qui agissent sur la sérotonine, notamment certains antidépresseurs.Ils ne devraient pas être associés à ce type de traitement sans avis médical en raison du risque d’une activité sérotoninergique excessive.Le bon complément n’est pas seulement celui qui correspond à une réaction biochimique sur le papier.Il doit aussi correspondre à la personne, à ses traitements et à la raison réelle de ses difficultés. Que peux-tu faire concrètement avant de penser aux compléments ? 1. Fournir régulièrement les matières premières Ton organisme a besoin d’un apport alimentaire suffisant et diversifié. Les régimes très restrictifs, les apports protéiques insuffisants ou le fait de sauter régulièrement des repas malgré la faim peuvent limiter la disponibilité de nombreuses matières premières. Tu n’as pas besoin de rechercher un « aliment miracle du sommeil ».Observe plutôt si tes repas apportent régulièrement : * une source de protéines ; * des végétaux variés ; * une source d’énergie adaptée à tes besoins ; * suffisamment d’aliments différents pour couvrir tes besoins nutritionnels. Le but n’est pas de manger parfaitement.Il est d’éviter que ton organisme doive fabriquer ses messagers avec des ressources insuffisantes. 2. Donner à ton horloge un vrai contraste entre le jour et la nuit Expose-toi à la lumière naturelle pendant ta période d’éveil, particulièrement après le réveil.Puis réduis progressivement l’intensité lumineuse lorsque ta soirée avance.Ce contraste aide ton organisme à distinguer la période pendant laquelle il doit être éveillé de celle pendant laquelle il peut préparer le sommeil. Si tu travailles de nuit ou en horaires décalés, ce conseil doit être adapté à ton rythme réel. Ta nuit biologique ne correspond pas forcément à la nuit indiquée par l’horloge. 3. Observer ce qui maintient ton éveil malgré la fatigue Si tu ne t’endors pas, ne conclus pas immédiatement que tu ne fabriques pas assez de mélatonine.Demande-toi : * Ai-je réellement sommeil ou suis-je seulement fatiguée ? * Ai-je reçu suffisamment de lumière pendant ma période d’éveil ? * Mon environnement est-il encore très lumineux ? * Ai-je consommé un stimulant tardivement ? * Mon cerveau est-il toujours en état d’alerte ? * Ai-je faim ou ai-je beaucoup trop mangé ? * Est-ce qu’une douleur ou un inconfort m’empêche de relâcher ? Ces questions ne donnent pas une réponse définitive.Elles permettent de ne pas réduire toutes les mauvaises nuits à une seule molécule. 4. Ne pas empiler les compléments au hasard Mélatonine, tryptophane, 5-HTP, magnésium, plantes calmantes…Accumuler plusieurs produits peut rendre difficile l’identification de ce qui agit, de ce qui ne change rien ou de ce qui provoque un effet indésirable. Avant d’ajouter quelque chose, il faut comprendre : * ce que tu cherches à améliorer ; * à quel moment le problème apparaît ; * ce que tu prends déjà ; * les interactions possibles ; * et si la stratégie choisie correspond vraiment à ton terrain. Ton exercice d’observation pour aujourd’hui Ce soir, ne cherche pas à savoir si tu manques de sérotonine ou de mélatonine.Observe simplement les conditions dont ton organisme dispose pour suivre cette voie. Pose-toi quatre questions : * Ai-je mangé suffisamment et de manière assez variée aujourd’hui ? * Ai-je reçu de la lumière naturelle pendant ma période d’éveil ? * Est-ce que ma soirée crée une vraie diminution de lumière et de stimulation ? * Est-ce que j’attends d’un complément qu’il compense un rythme, un stress ou un inconfort toujours présent ? Choisis ensuite un seul levier.Par exemple : * sortir quelques minutes après ton réveil, * réduire l’intensité lumineuse plus tôt, * terminer ton repas avant d’être au lit, * ou vérifier avec un professionnel si les compléments que tu utilises sont cohérents avec tes traitements. La voie tryptophane, sérotonine, mélatonine nous montre quelque chose de fondamental : le corps ne fonctionne pas avec une succession de boutons indépendants.Il fonctionne avec des chaînes de transformation, des rythmes, des ressources et plusieurs voies qui se croisent. Demain, nous allons justement regarder ce qui peut détourner une partie du tryptophane vers une autre route. Nous parlerons d’inflammation et de la voie des kynurénines. Tu comprendras pourquoi apporter plus de tryptophane ne garantit pas toujours que ton organisme fabriquera davantage de sérotonine ou de mélatonine. À demain pour la piste numéro 5. Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • September 9 · 14 min

    Tu es couchée. Tout est calme. Mais dans ta tête, ça continue. (3/12)

    Tu as arrêté de travailler.Tu as posé ton téléphone.La lumière est éteinte.Et pourtant, ton cerveau continue de produire des idées, de rejouer des conversations et d’anticiper la journée du lendemain. Comme si ton corps était dans ton lit, mais que ton cerveau n’avait pas reçu l’information. Hier, nous avons parlé du stress, du cortisol et de l’hypervigilance. Aujourd’hui, nous allons descendre un peu plus profondément dans le fonctionnement du cerveau pour parler de deux messagers qui participent à la régulation de son activité :le glutamate et le GABA. On les présente souvent comme l’accélérateur et le frein du cerveau.L’image est imparfaite, mais elle permet de comprendre une chose importante :pour dormir, ton cerveau ne doit pas simplement être fatigué.Il doit aussi être capable de diminuer progressivement son niveau d’activation. Le glutamate : l’accélérateur dont ton cerveau a besoin Le glutamate est le principal neurotransmetteur excitateur du cerveau.Un neurotransmetteur est un messager chimique qui permet aux neurones de communiquer entre eux.Le glutamate facilite cette communication. Il rend les neurones plus susceptibles de transmettre un message. Il intervient dans : * l’apprentissage ; * la mémoire ; * la concentration ; * la vigilance ; * l’adaptation ; * la plasticité cérébrale. Le glutamate n’est donc pas mauvais.Sans lui, ton cerveau ne pourrait pas apprendre, mémoriser, réfléchir ou réagir à ton environnement.Dans la journée, cette capacité d’activation est particulièrement utile.Mais lorsque vient le moment de dormir, l’activité des réseaux qui entretiennent l’éveil doit progressivement diminuer. C’est ici qu’intervient notamment le GABA. Le GABA : le principal frein du cerveau Le GABA, ou acide gamma-aminobutyrique, est le principal neurotransmetteur inhibiteur du cerveau.Inhibiteur ne veut pas dire qu’il arrête complètement les neurones.Cela signifie qu’il diminue leur probabilité de s’activer et de transmettre certains messages.Le GABA aide ainsi à limiter une excitation excessive.Il participe à la détente musculaire, à la diminution de la vigilance et à l’organisation du sommeil. Mais il serait trop simple de dire :« Tu ne dors pas parce que tu manques de GABA. » Le cerveau ne fonctionne pas avec deux réservoirs, l’un rempli de glutamate et l’autre de GABA.Il existe différents circuits, différents récepteurs et de nombreux autres messagers qui interviennent dans l’éveil et le sommeil.Ce qui compte, c’est la manière dont l’ensemble de ces systèmes communique et se régule. Nous parlons donc davantage d’un équilibre entre excitation et inhibition que d’un simple dosage entre deux molécules. Le plus étonnant : le GABA est fabriqué à partir du glutamate L’accélérateur peut devenir le frein. Dans certaines cellules nerveuses, le glutamate est transformé en GABA grâce à une enzyme appelée glutamate décarboxylase, ou GAD.Cette transformation nécessite notamment de la vitamine B6 sous sa forme active.Cela ne veut pas dire qu’une supplémentation en vitamine B6 va automatiquement améliorer le sommeil. Cela montre simplement que la fabrication des neurotransmetteurs dépend de plusieurs réactions et de plusieurs éléments. Le magnésium intervient également dans la régulation de certains récepteurs du glutamate, notamment les récepteurs NMDA.Ces récepteurs participent à la transmission excitatrice et à la plasticité cérébrale. Là encore, cela ne signifie pas que toutes les difficultés de sommeil sont dues à un manque de magnésium. Nous consacrerons une piste entière aux statuts micronutritionnels, car une molécule utile à une réaction biologique n’est pas automatiquement la solution à tous les symptômes associés à cette réaction. Comment cet équilibre peut-il être perturbé ? Lorsque ton système est soumis à des sollicitations répétées, ton cerveau reçoit continuellement des signaux qui lui demandent de rester disponible. Les notifications, le travail tardif, les conflits, la surcharge mentale, certaines douleurs, la caféine ou encore le manque de récupération peuvent maintenir un niveau élevé d’activation. Le stress chronique peut également influencer les systèmes glutamatergiques et GABAergiques. Le cerveau reste alors plus facilement dans un fonctionnement orienté vers la vigilance. Tu peux ressentir : * une agitation intérieure ; * une sensibilité accrue au bruit ou à la lumière ; * des tensions musculaires ; * des pensées rapides ; * une difficulté à passer d’une tâche à une autre puis à t’arrêter ; * un sommeil léger ; * des réveils au moindre stimulus ; * une sensation de ne jamais réellement déconnecter. Mais ces manifestations ne permettent pas d’affirmer que ton glutamate est trop élevé ou que ton GABA est trop bas. Elles peuvent avoir de nombreuses origines. L’équilibre glutamate/GABA est une piste de compréhension, pas une explication automatique de toutes les difficultés de sommeil. Manger du glutamate ne signifie pas « exciter son cerveau » Le mot glutamate peut immédiatement faire penser au glutamate présent dans certains aliments ou utilisé comme exhausteur de goût.On en retrouve naturellement dans les tomates, les champignons, le parmesan, la sauce soja et de nombreux aliments riches en protéines. Mais le glutamate consommé dans l’alimentation et celui utilisé comme neurotransmetteur dans le cerveau ne constituent pas un seul grand réservoir commun. Le cerveau régule très étroitement son environnement grâce, entre autres, à la barrière hématoencéphalique.Manger une tomate ou du parmesan ne revient donc pas à appuyer directement sur l’accélérateur de ton cerveau. Il n’est pas pertinent de supprimer tous les aliments contenant du glutamate dans l’espoir de mieux dormir.Ce raisonnement réduit un fonctionnement neurologique complexe à la présence d’une molécule dans une assiette. Et prendre directement du GABA ? Puisque le GABA participe au freinage de l’activité cérébrale, l’idée paraît logique : si tu as du mal à ralentir, il suffirait de prendre du GABA. Seulement, nous ne savons pas précisément dans quelle mesure le GABA pris par voie orale atteint le cerveau humain à travers la barrière hématoencéphalique.Certaines études rapportent des effets possibles sur le stress ou le sommeil, mais les résultats restent limités et les mécanismes ne sont pas entièrement établis.Une action périphérique, notamment via le système nerveux intestinal, est parfois évoquée. Mais cela ne permet pas de promettre qu’une gélule de GABA va directement renforcer le frein cérébral. Tu peux ressentir un bénéfice avec un produit sans que cela prouve qu’il a traversé la barrière hématoencéphalique ni qu’il corrigeait un « manque de GABA ». La question n’est donc pas seulement :« Quel complément prendre ? » Elle est aussi :« Pourquoi mon système reçoit-il autant de signaux d’activation ? » La caféine mérite une place particulière La caféine ne fonctionne pas simplement en augmentant le glutamate. Comme nous l’avons vu dans le premier épisode, elle bloque principalement les récepteurs de l’adénosine, l’un des signaux liés à la pression de sommeil.Mais ce blocage maintient indirectement un environnement plus favorable à la vigilance.Tu peux ne plus ressentir l’effet stimulant d’un café tout en ayant encore de la caféine dans l’organisme.Sa vitesse d’élimination varie beaucoup d’une personne à l’autre, selon la génétique, l’âge, certains médicaments, la grossesse, le tabagisme et les habitudes de consommation. Si ton sommeil est léger ou si tu as du mal à ralentir le soir, observe l’heure de ta dernière consommation.Et ne pense pas seulement au café.La caféine peut aussi être présente dans : * le thé ; * les boissons énergisantes ; * certains sodas ; * le maté ; * le guarana ; * le chocolat ; * certains médicaments. Tu peux essayer d’avancer ta dernière prise pendant quelques jours, puis observer ton endormissement et la qualité de ton sommeil.L’objectif n’est pas forcément de supprimer définitivement la caféine.Il est de vérifier si ton horaire de consommation correspond réellement à ta sensibilité. L’alcool donne parfois l’impression d’activer le frein L’alcool peut faciliter l’endormissement chez certaines personnes, notamment parce qu’il modifie la transmission GABAergique.Mais s’endormir plus rapidement ne signifie pas forcément mieux dormir.Au fil de la nuit, l’effet sédatif diminue. Le sommeil peut devenir plus fragmenté, avec davantage de réveils, une modification de son architecture et parfois une aggravation des ronflements ou des troubles respiratoires.Il peut aussi apparaître une forme de rebond d’activation lorsque l’organisme élimine l’alcool. L’alcool peut donc donner l’impression d’aider à appuyer sur le frein au début de la nuit, tout en dégradant la suite du trajet. Comment aider ton cerveau à retrouver une transition ? Tu n’as pas besoin d’essayer de manipuler directement chacun de tes neurotransmetteurs. Tu peux commencer par réduire les signaux qui entretiennent l’activation et répéter ceux qui annoncent la récupération. 1. Réduis les changements rapides de stimulation Passer d’un message à une vidéo, puis à une actualité, puis à un email maintient ton attention dans une succession de nouveautés.Même si tu es assise sur ton canapé, ton cerveau continue de traiter des informations.Choisis une période courte avant le coucher pendant laquelle tu ne changes plus constamment de contenu.Tu peux écouter une musique calme, lire quelques pages ou préparer tranquillement le lendemain. Le but n’est pas d’interdire tous les écrans de manière rigide.Il est de réduire l’intensité cognitive et émotionnelle de ce que tu consommes. Une série familière et calme ne produit pas forcément la même activation qu’un échange conflictuel, une vidéo professionnelle ou une succession de contenus anxiogènes. 2. Termine les activités qui demandent une réponse Lire un message auquel tu dois répondre, vérifier tes comptes ou ouvrir ton agenda peut relancer une boucle mentale.Ton cerveau ne reçoit pas seulement une information.Il identifie une action à effectuer.Fixe-toi un moment après lequel tu ne traites plus les demandes qui peuvent attendre le lendemain.Si une idée apparaît, note-la sans commencer à la résoudre. Tu reprends ici le levier vu hier : donner à la pensée une place extérieure plutôt que lui demander de disparaître. 3. Passe par le corps Le relâchement musculaire, une respiration confortable avec une expiration légèrement prolongée ou une image mentale apaisante ne « fabriquent » pas instantanément du GABA.Ils réduisent progressivement les signaux corporels associés à l’action et à la surveillance.Tu ne cherches pas à ressentir quelque chose d’extraordinaire.Tu observes simplement si ta respiration devient moins haute, si ta mâchoire se desserre ou si tes épaules s’abaissent. Ce sont de petits changements, mais ils indiquent que ton organisme commence à modifier son état. 4. Bouge suffisamment dans la journée L’activité physique régulière influence de nombreux systèmes associés au stress, à l’humeur et au sommeil.Elle peut aider à créer une vraie différence entre la période active de la journée et la période de récupération.Cela ne signifie pas que tu dois faire une séance intense tous les soirs.Une marche, une séance de renforcement, du vélo ou une activité que tu apprécies peuvent déjà participer à cette régulation lorsqu’ils sont adaptés à tes capacités et à ta récupération. Nous consacrerons une piste complète à l’activité physique et au sommeil. Ton exercice d’observation pour aujourd’hui Ce soir, repère ce qui appuie encore sur ton accélérateur dans les deux heures qui précèdent ton coucher. Est-ce : * une boisson stimulante consommée tardivement ? * un travail qui se prolonge ? * des vidéos courtes qui s’enchaînent ? * une conversation difficile ? * des tâches laissées ouvertes ? * la peur de passer une mauvaise nuit ? * une tension physique que tu n’avais pas remarquée ? Choisis ensuite une seule modification. Pas une routine parfaite de quinze étapes.Une modification suffisamment simple pour pouvoir être répétée.Tu peux avancer ton dernier café.Fermer ta messagerie plus tôt.Remplacer vingt minutes de contenus rapides par une activité plus lente.Ou reprendre la respiration et le relâchement musculaire présentés hier. Observe ce qui change, sans attendre une nuit parfaite dès le premier essai.Le sommeil résulte rarement d’un seul interrupteur.Il dépend de plusieurs systèmes qui apprennent progressivement à travailler ensemble.Et c’est précisément pour cette raison que prendre du GABA ou du magnésium sans comprendre le reste du terrain n’est pas toujours suffisant. Demain, nous parlerons d’une autre voie souvent résumée beaucoup trop rapidement : tryptophane, sérotonine, mélatonine. Tu verras pourquoi manger un aliment riche en tryptophane ne garantit pas sa transformation en mélatonine, et pourquoi la mélatonine n’est pas un somnifère naturel universel. À demain pour la piste numéro 4.Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • September 8 · 12 min

    Tu es épuisée, mais ton corps monte la garde (2/12)

    Tu bâilles dans la soirée.Tu te sens vidée.Tu te dis que, cette fois, tu vas forcément t’endormir rapidement.Et pourtant, au moment où tu poses la tête sur l’oreiller, ton cerveau se remet en marche. Tu repenses à une conversation.À ce que tu n’as pas terminé.À ce que tu dois faire demain.Tu anticipes un problème qui n’existe peut-être pas encore.Et plus les minutes passent, plus une nouvelle pensée apparaît : « Il faut absolument que je dorme. » Ton corps est fatigué, mais il ne se comporte pas comme s’il pouvait relâcher sa vigilance. C’est la deuxième piste de notre série “Un jour, une piste” : le stress, le cortisol et l’hypervigilance. Et tu vas voir que le problème n’est pas toujours un manque de fatigue.Parfois, ton organisme n’a simplement pas reçu suffisamment de signaux lui indiquant qu’il pouvait cesser de monter la garde. Le stress n’est pas ton ennemi On présente souvent le stress comme quelque chose qu’il faudrait éliminer.Mais le stress est d’abord une réponse d’adaptation.Lorsque ton cerveau perçoit une difficulté, une menace ou une forte exigence, il mobilise les ressources nécessaires pour y faire face. Une première réponse, très rapide, active notamment le système nerveux sympathique et favorise la libération d’adrénaline et de noradrénaline.Ton rythme cardiaque peut accélérer.Ta respiration se modifier.Tes muscles se tendre.Ton attention se focaliser. En parallèle, une réponse hormonale plus progressive se met en place. Elle implique l’hypothalamus, l’hypophyse puis les glandes surrénales, qui produisent notamment du cortisol.Le cortisol participe à la mobilisation de l’énergie. Il contribue à te rendre disponible pour agir.Il est donc utile.Tu en as besoin pour te lever le matin, répondre à une situation imprévue, prendre une décision ou soutenir un effort. Le problème n’est pas d’avoir du cortisol.Le problème apparaît lorsque les sollicitations s’accumulent et que les périodes de récupération ne permettent plus un véritable retour au calme. Le cortisol ne devrait pas être présenté comme une hormone qui t’empêche systématiquement de dormir Sa production suit normalement un rythme au cours de la journée.Elle augmente autour du réveil, puis diminue progressivement pour atteindre des niveaux plus bas le soir.Ce rythme complète ce que nous avons vu hier sur l’horloge interne. Mais le stress chronique, les horaires irréguliers, le manque de sommeil et la répétition des sollicitations peuvent perturber cette organisation.Chez certaines personnes, l’activation reste importante en soirée.Chez d’autres, le profil peut être plus irrégulier ou aplati. C’est pour cette raison qu’il faut se méfier des explications trop simples comme :« Tu dors mal parce que ton cortisol est trop élevé. » Une difficulté de sommeil ne permet pas, à elle seule, de connaître ton niveau de cortisol. Et une mesure isolée ne raconte pas nécessairement la manière dont il évolue au fil de la journée. Ce que tu peux observer, en revanche, c’est ton niveau d’activation. L’hypervigilance, c’est lorsque ton système reste prêt à réagir Tu peux te sentir épuisée tout en restant intérieurement en alerte. Cette hypervigilance peut prendre plusieurs formes : * des pensées qui s’enchaînent dès que le calme revient ; * le besoin de vérifier l’heure pendant la nuit ; * une sensibilité importante au moindre bruit ; * une mâchoire serrée ou des épaules contractées ; * une respiration courte et haute ; * l’impression de ne jamais vraiment décrocher ; * un sursaut au moindre mouvement ; * l’anticipation d’une mauvaise nuit avant même de te coucher. Il existe aussi une forme plus discrète.Où tu ne te sens pas forcément anxieuse.Mais tu termines ta journée en travaillant, en répondant à des messages, en organisant le lendemain ou en passant rapidement d’une information à une autre.Puis tu poses ton téléphone et tu demandes immédiatement à ton corps de dormir. Seulement, ton système nerveux ne fonctionne pas avec un interrupteur.Il a besoin d’une transition. Pourquoi le silence du soir peut-il réveiller toutes tes pensées ? Dans la journée, ton attention est occupée.Tu réponds aux demandes, tu avances sur tes tâches, tu gères les imprévus.Les pensées laissées en suspens peuvent rester en arrière-plan.Lorsque tu te couches, les sollicitations extérieures diminuent enfin.Ton cerveau dispose alors d’un espace pour faire remonter ce qui n’a pas été traité.L’oreiller devient le premier moment calme de ta journée.Ce n’est donc pas toujours ton lit qui crée tes ruminations.Il peut simplement devenir l’endroit où tu les entends enfin. Et si ce phénomène se répète, une association peut progressivement s’installer :lit égale réflexion, inquiétude, surveillance et effort pour dormir.Tu te couches alors en te demandant si tu vas réussir à dormir.Tu surveilles les premiers signes d’endormissement.Tu calcules le nombre d’heures qu’il te reste.Tu essaies de contrôler un phénomène qui se produit justement lorsque tu cesses de le contrôler. La peur de ne pas dormir devient elle-même une source d’activation. Le sommeil ne se commande pas Tu peux créer des conditions favorables au sommeil.Tu ne peux pas l’obliger à apparaître. Plus tu te répètes « il faut que je dorme maintenant », plus le sommeil devient un objectif à atteindre. Ton cerveau commence à évaluer la situation :Est-ce que je m’endors ?Depuis combien de temps suis-je couchée ?Comment vais-je tenir demain ? Cette surveillance entretient l’éveil. Le premier changement consiste donc à ne plus aborder la soirée comme une épreuve à réussir, mais comme une période de descente progressive.Le but n’est pas de te forcer à te détendre.Il est d’envoyer à ton organisme plusieurs signaux cohérents de sécurité et de ralentissement. Premier levier : fermer mentalement la journée Si ton cerveau essaie de retenir ce que tu dois faire demain, ne lui demande pas simplement d’arrêter d’y penser. Donne-lui un autre endroit où déposer ces informations.Tu peux prendre une feuille, idéalement avant d’entrer dans ton lit, et noter : * ce qui reste à faire ; * ce qui te préoccupe ; * la prochaine action concrète ; * ce qui peut attendre. La prochaine action doit rester très simple.Par exemple, au lieu d’écrire « régler le problème avec le dossier », écris :« Envoyer un message à Paul demain à 10 heures. »Tu ne cherches pas à résoudre toute ta vie le soir.Tu indiques à ton cerveau que l’information est conservée et qu’un moment est prévu pour s’en occuper. Tu peux terminer par une phrase de fermeture :« Pour aujourd’hui, j’ai terminé. Je reprendrai demain. »Cette phrase n’a rien de magique.Elle devient utile lorsqu’elle accompagne une vraie décision : cesser volontairement de traiter les problèmes de la journée. Deuxième levier : faire redescendre le corps Lorsque l’activation est très physique, commencer directement par vouloir arrêter les pensées peut être difficile.Il est parfois plus accessible de passer par le corps. Tu peux essayer une respiration lente, confortable, sans chercher à remplir tes poumons au maximum.Inspire tranquillement.Puis laisse ton expiration durer légèrement plus longtemps que ton inspiration.Par exemple, tu peux inspirer pendant trois temps et expirer pendant cinq temps.Ce rythme n’est pas une règle. Tu dois pouvoir respirer sans effort, sans manquer d’air et sans provoquer de vertige. Si ce n’est pas confortable, tu reviens simplement à une respiration naturelle.Pendant quelques cycles, tu peux porter ton attention sur les zones qui restent contractées : * la mâchoire, * les épaules, * les mains, * le ventre, * les jambes. À chaque expiration, laisse une seule zone perdre un peu de sa tension.Il ne s’agit pas d’obtenir une détente parfaite.Une diminution, même légère, suffit à modifier le message envoyé au cerveau. Les techniques de respiration lente, de relâchement musculaire et d’imagerie mentale font partie des méthodes utilisées pour favoriser une réponse de relaxation. Leur efficacité repose aussi sur l’entraînement : elles deviennent plus accessibles lorsqu’elles sont pratiquées régulièrement, pas seulement au cœur d’une nuit difficile. Troisième levier : créer un signal de descente Ton cerveau apprend beaucoup par répétition.Un même enchaînement, réalisé plusieurs soirs, peut progressivement devenir un repère associé au ralentissement. Ce signal peut être très simple : * baisser l’intensité lumineuse, * préparer une boisson non stimulante, * noter les pensées restantes, * faire quelques respirations, * écouter la même musique calme, * ou utiliser une image mentale que tu connais bien. Tu n’as pas besoin d’un rituel compliqué d’une heure.Choisis plutôt un enchaînement suffisamment court pour pouvoir le répéter, y compris lorsque ta journée a été chargée.C’est la répétition qui lui donne sa valeur. Une technique découverte le soir où tu es déjà très tendue peut te sembler inefficace. Ton système est alors au sommet de son activation et tu attends d’elle un résultat immédiat.En revanche, lorsque tu répètes la même pratique dans des moments où la tension est modérée, elle devient plus familière. Tu apprends à ton corps le chemin du retour au calme. Et si tu te réveilles pendant la nuit ? Un réveil ne signifie pas automatiquement que toute ta nuit est perdue.Le problème commence souvent lorsque tu interprètes immédiatement ce réveil comme une menace : * « Ça recommence. » * « Je ne vais jamais me rendormir. » * « Demain sera une catastrophe. » Cette interprétation réactive la surveillance.Si tu te réveilles, essaie d’éviter de vérifier l’heure à répétition.Reviens vers un signal déjà connu : ta respiration, le relâchement d’une zone du corps ou une image mentale familière. Et surtout, ne juge pas la technique après deux minutes.Son objectif n’est pas de t’assommer. Elle t’aide à quitter progressivement l’état de lutte dans lequel le sommeil a peu de place pour revenir. Ce que je te propose d’observer aujourd’hui Ce soir, ne te demande pas seulement :« À quelle heure vais-je me coucher ? » Demande-toi plutôt : * À quel moment ma journée se termine-t-elle réellement ? * Est-ce que je garde des tâches ou des conversations ouvertes jusqu’au lit ? * Mon corps est-il fatigué, tendu ou les deux ? * Est-ce que j’ai peur de ne pas dormir avant même de me coucher ? * Quel signal simple pourrais-je répéter chaque soir ? Puis choisis une seule pratique : * déposer tes pensées sur une feuille, * faire quelques expirations plus longues, * ou relâcher progressivement les zones les plus contractées. Une seule. L’objectif n’est pas d’ajouter une nouvelle obligation à ta soirée.C’est de commencer à identifier ce qui aide réellement ton système à passer de l’action à la récupération. Si les difficultés persistent, altèrent fortement tes journées ou s’accompagnent d’une anxiété envahissante, il est important d’en parler avec un professionnel de santé. Les techniques de relaxation peuvent soutenir le sommeil, mais elles ne répondent pas à toutes les situations. Demain, nous allons rester dans le cerveau, mais changer d’échelle.Nous parlerons de deux messagers qui influencent son niveau d’excitation :le glutamate, qui participe à l’activation,et le GABA, qui contribue au freinage. Tu comprendras pourquoi ce sujet ne peut pas se résumer à prendre un complément censé « augmenter le GABA ». À demain pour la piste numéro 3. Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • September 7 · 11 min

    Tu es épuisée. Pourquoi n’as-tu pas sommeil ? (1/12)

    Tu peux avoir pensé à ton lit toute la journée…Et une fois couchée, ne plus réussir à dormir.Tu changes de position. Tu regardes l’heure. Tu calcules combien d’heures il te reste avant le réveil.Et tu ne comprends pas.Comment peut-on être aussi fatiguée et rester aussi éveillée ? Bienvenue dans le premier épisode de « Un jour, une piste ». Pendant douze jours, nous allons observer différentes raisons pouvant perturber tes nuits.Pas pour t’ajouter douze nouvelles règles.Pas pour te faire croire qu’il existe une routine parfaite qui convient à tout le monde. Mais pour t’aider à comprendre ce qui se passe dans ton corps et à repérer les pistes qui pourraient mériter ton attention. Aujourd’hui, nous commençons par ton horloge interne. Être fatiguée ne signifie pas toujours avoir sommeil La fatigue et la somnolence ne désignent pas exactement la même chose. La fatigue, c’est cette sensation de manquer d’énergie, d’être vidée, de ne plus avoir envie de faire quoi que ce soit. La somnolence, c’est la tendance à s’endormir : tes paupières deviennent lourdes, ta vigilance diminue, tu commences à piquer du nez. Tu peux donc être très fatiguée sans que ton organisme soit encore prêt à basculer dans le sommeil.Pour comprendre ce paradoxe, imagine deux forces qui travaillent ensemble. La première est la pression de sommeil. Plus tu restes éveillée longtemps, plus cette pression augmente. L’adénosine, une molécule qui s’accumule progressivement dans le cerveau au cours de la journée, participe à ce signal.Lorsque tu dors, cette pression diminue.Le café ne fait d’ailleurs pas disparaître ce besoin de sommeil. La caféine bloque temporairement l’action de l’adénosine sur ses récepteurs. Elle peut donc masquer le signal, mais elle ne remplace pas le repos. La seconde force est ton horloge interne. Elle organise, sur environ vingt-quatre heures, les périodes pendant lesquelles ton organisme favorise l’éveil et celles pendant lesquelles il se prépare davantage au sommeil.Tu peux donc avoir accumulé beaucoup de fatigue tout en recevant encore un signal d’éveil de ton horloge.C’est notamment ce qui peut se produire lorsque tu luttes contre la fatigue toute la journée et que tu retrouves soudainement un second souffle le soir. Ton corps ne lit pas l’heure sur ton téléphone Ton organisme possède une horloge principale située dans le cerveau. Elle coordonne d’autres horloges présentes dans tes organes et tes tissus. Ensemble, elles participent à la régulation du sommeil, de la vigilance, de la température corporelle, des sécrétions hormonales, de l’appétit et de la digestion. Pour rester synchronisée avec ton environnement, cette horloge utilise plusieurs repères. Le plus puissant est la lumière. Mais l’heure du lever, les repas, l’activité physique, les interactions sociales, la température et la régularité de tes journées lui donnent également des informations.Autrement dit, ton corps se demande en permanence :« Est-ce le moment de m’activer ou de ralentir ? » Dans la journée, la lumière et l’activité soutiennent l’éveil. À l’approche de ta nuit biologique, la mélatonine commence progressivement à augmenter. Elle ne t’assomme pas et n’éteint pas ton cerveau comme un interrupteur. Elle informe plutôt ton organisme que la période de nuit approche.Ta température corporelle interne commence également à diminuer. C’est l’ensemble de ces signaux qui prépare ton corps au sommeil. Quand les signaux deviennent contradictoires Imagine que tu passes une grande partie de la journée dans un environnement peu lumineux.Tu bouges peu, tu manges à des horaires très variables et tu fais parfois une longue sieste en fin d’après-midi parce que tu es épuisée.Puis, le soir, tu allumes toutes les lumières, tu travailles encore, tu regardes un écran très lumineux et tu repousses régulièrement ton coucher. Le problème n’est pas un geste isolé. Regarder ton téléphone pendant dix minutes ne détruit pas automatiquement ton sommeil.Mais l’accumulation de signaux faibles pendant la journée et de signaux d’éveil en soirée peut entretenir un décalage chez certaines personnes.Ton organisme reçoit peu d’informations lui indiquant clairement que la journée a commencé, puis beaucoup d’informations lui suggérant qu’elle continue au moment où tu voudrais dormir. Il ne s’agit pas non plus de culpabiliser celles qui vivent avec des horaires imposés. Une infirmière, une hôtesse de l’air, une personne qui travaille de nuit ou une mère régulièrement réveillée par un enfant ne dispose pas des mêmes possibilités qu’une personne ayant des journées prévisibles. Le contexte compte. Être du soir n’est pas une mauvaise habitude Nous n’avons pas tous exactement le même rythme. Certaines personnes se réveillent spontanément tôt et sont très efficaces le matin. D’autres trouvent plus facilement leur énergie en fin de journée. C’est ce que l’on appelle notamment le chronotype. Le but n’est donc pas de transformer tout le monde en personne matinale.La difficulté apparaît surtout lorsqu’il existe un écart important entre ton rythme naturel et les horaires que ta vie t’impose.Tu peux ne pas avoir sommeil avant minuit, tout en devant te lever à six heures.Ton problème n’est alors pas seulement ton heure d’endormissement. C’est aussi le manque de temps laissé au sommeil et la répétition de ce décalage. Les repères que tu peux tester Je ne vais pas te proposer de modifier toute ta vie dès ce soir.Pour commencer, seulement deux repères. 1. Stabilise autant que possible le début de ta journée Si tu vis principalement le jour et dors la nuit, essaie de conserver une heure de lever relativement stable, y compris pendant tes jours de repos.Cela ne signifie pas te réveiller à cinq heures pour être plus productive.Ton heure de lever doit rester compatible avec une durée de sommeil suffisante. Si tu t’es couchée exceptionnellement très tard, tu peux avoir besoin de récupérer. Nous cherchons une tendance régulière, pas une règle rigide.Ce repère aide simplement ton organisme à mieux anticiper le début de ta journée. 2. Cherche de la lumière au début de ta période d’éveil Lorsque cela est possible, passe un moment dehors dans la première partie de ta journée.Tu peux marcher quelques minutes, boire ton café sur une terrasse, accompagner les enfants ou réaliser une partie de ton trajet à pied.Il n’est pas nécessaire de regarder directement le soleil.Même par temps couvert, la lumière extérieure est généralement bien plus intense que celle d’une pièce. Cette lumière participe au signal d’éveil et aide ton horloge à situer le début de la journée. Et le soir ? Le soir, cherche à créer un contraste avec la journée.Tu peux progressivement réduire les lumières très fortes, ralentir certaines activités et répéter quelques gestes simples dans le même ordre.Fermer les volets, préparer tes affaires pour le lendemain, te laver les dents, lire quelques pages ou écouter une musique calme peuvent devenir des repères associés à la fin de la journée. Le rituel ne provoque pas mécaniquement le sommeil.Il rend simplement la transition plus lisible pour ton organisme. La température compte également.Ton corps doit pouvoir évacuer de la chaleur pour accompagner la baisse de température interne qui précède le sommeil. Une chambre sombre, calme, bien aérée et suffisamment fraîche peut faciliter cette transition.Il n’existe cependant pas une température parfaite pour tout le monde. L’objectif est surtout d’éviter d’avoir trop chaud ou trop froid. La sieste peut-elle décaler ton sommeil ? La sieste n’est pas mauvaise en elle-même.Elle peut améliorer la vigilance et être très utile en cas de dette de sommeil ou d’horaires décalés.Mais elle fait diminuer une partie de la pression de sommeil accumulée. Si tu as déjà des difficultés à t’endormir le soir, une sieste longue ou tardive peut parfois réduire ton besoin de sommeil au moment du coucher.Dans cette situation, teste plutôt une sieste courte, plus tôt dans la journée, ou observe simplement ce qui se passe les jours avec et sans sieste. Pour une personne travaillant de nuit, la logique peut être différente : une sieste avant la prise de poste peut devenir un outil de sécurité et de récupération. Encore une fois, le conseil doit s’adapter à la réalité de la personne. Et si tu travailles en horaires décalés ? Tu ne peux pas appliquer automatiquement le conseil « expose-toi à la lumière le matin ». Ton matin biologique ne correspond pas toujours au matin affiché sur l’horloge.Si tu commences une nuit de travail, une lumière suffisante au début de ton poste peut soutenir ta vigilance. Lorsque ton service se termine et que tu souhaites dormir, réduire progressivement ton exposition lumineuse peut aider ton organisme à préparer cette période de repos.Ta chambre devra alors recréer artificiellement la nuit : obscurité, calme, température confortable et limitation des interruptions. Attention cependant : si tu es très somnolente au moment de rentrer, ta priorité reste la sécurité. Réduire fortement la lumière avec des lunettes teintées avant de conduire peut aggraver la somnolence. Dans ce cas, il faut trouver une autre solution pour le trajet. Nous approfondirons les rythmes professionnels décalés dans d’autres contenus, car une personne alternant matin, après-midi et nuit ne peut pas utiliser exactement la même stratégie qu’une personne travaillant toujours de nuit. Ce que je te propose d’observer aujourd’hui Pendant trois jours, note simplement : • ton heure de lever ;• le moment où tu ressens une véritable somnolence ;• le temps passé dehors en début de journée ;• la présence éventuelle d’une sieste ;• la différence entre tes horaires de semaine et de repos. Pas besoin de surveiller ta nuit minute par minute.Nous cherchons une tendance, pas une performance. Et surtout, ne conclus pas que ton horloge interne explique forcément tes difficultés. Ce n’est que notre première piste. Si tes troubles persistent, si tu luttes régulièrement contre le sommeil pendant la journée, si tu ronfles fortement ou si des pauses respiratoires ont été remarquées pendant ta nuit, il est préférable d’en parler avec un médecin. La question du jour est donc : Tes journées donnent-elles à ton corps des repères suffisamment clairs pour distinguer le moment de s’activer du moment de ralentir ? Demain, nous parlerons d’une autre situation très fréquente : Ton corps est couché, mais ta journée continue dans ta tête. Nous regarderons le rôle du stress, du cortisol et de l’hypervigilance. À demain, Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • April 2 · 9 min

    Ce qu’on ne te dit pas sur l’Ozempic ou Munjaro

    Elle a suivi les conseils de son médecin. Elle a perdu du poids. Et quelques mois après l’arrêt, tout est revenu. Dans cet épisode, je te parle des GLP-1 sans filtre. Pas pour te dire quoi faire. Pour te donner ce qu’on ne t’a probablement jamais expliqué : ce que ton corps paie vraiment en échange. Parce que faire taire un signal, c’est pas la même chose que le comprendre. Et si ton corps résiste depuis des années, il y a une raison. Elle est biologique. Pas dans ta tête. Pas dans ta volonté. Épisode court. Dense. Sans langue de bois. Si tu veux aller plus loin, j’ai fait un post Instagram : This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • March 2 · 42 min

    Pourquoi tu ne perds pas de poids (même en faisant tout “comme il faut”)

    Tu manges mieux.Tu fais attention.Tu bouges. Et pourtant… ton corps résiste. Et si ce n’était PAS un manque de volonté ? Et si c’était hormonal ? Dans cet épisode, j’ai invité Marion, kinésithérapeute spécialisée en naturopathie et membre fondatrice de l’école Naturaneo, pour parler d’un sujet que trop de femmes ignorent : le rôle des hormones dans les blocages de perte de poids. On aborde sans filtre : * Pourquoi le cycle menstruel influence ton poids * Le rôle des œstrogènes et de la progestérone * La rétention d’eau et l’inflammation * Le stress chronique, le cortisol et l’insuline * Pourquoi les régimes restrictifs aggravent souvent le problème Beaucoup de femmes pensent qu’elles manquent de discipline. La vérité ?Leur métabolisme est en mode protection. Cet épisode était réservé aux femmes de mon programme Souveraine.Je le rends accessible aujourd’hui parce que comprendre sa physiologie, c’est reprendre du pouvoir. Si tu as l’impression de faire “tout ce qu’il faut” sans résultat durable, cet épisode peut littéralement changer ta façon de voir ton corps. Bonne écoute.Et surtout… sois plus douce avec toi 💛 This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • February 5 · 13 min

    Prise de poids à la quarantaine : non, ce n’est pas “juste l’âge”

    Tu fais attention à ce que tu manges. Tu n’as rien changé à ton rythme de vie. Et pourtant… ton corps change. Il stocke. Il fatigue. Et on te répond que c’est “l’âge”, que c’est “normal”, qu’il faut faire avec. Dans cet épisode, je t’emmène sous la surface de ce qu’on t’a appris à croire sur la quarantaine et la prise de poids. On parle de périménopause silencieuse, de perte de masse musculaire, de résistance à l’insuline… Mais surtout, on parle de ce que ton corps essaie de te dire quand il ne répond plus aux vieilles méthodes. Ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de stratégie et de respect de ton corps tel qu’il est aujourd’hui. bonne écoute. Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • January 29 · 16 min

    Les régimes hypocaloriques ont abîmé des générations de femmes

    On m’a appris à surveiller mon assiette avant même d’apprendre à m’écouter. À manger moins. À corriger mon corps. Dans cet épisode de Sous la surface, je raconte comment cette logique m’a suivie pendant des années, jusqu’à dérégler mon corps. 🎧 À écouter si tu veux comprendre ce que les régimes font vraiment, derrière le discours “bien-être”. Julie. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • January 19 · 14 min

    👉 Courir pour vivre.

    Je te préviens tout de suite : cet épisode m’a retournée. J’ai commencé en mode tranquille “je vais raconter mon histoire de course à pied”… et j’ai failli pleurer au micro. Littéralement. (À un moment, j’ai même dû faire une pause pour respirer. Et c’était pas à cause de la course, pour une fois 😅) Je te parle de moi. De mon rapport au sport (ou plutôt mon rejet total). De ce bilan de santé qui m’a mis une claque. De mes 30 secondes d’agonie. Et de ce jour où j’ai franchi la ligne d’arrivée de mon tout premier 10 km. Si t’as déjà pensé “je suis pas fait(e) pour ça”, si tu crois que c’est trop tard, trop dur, trop loin… Tu dois écouter ça. C’est pas un épisode sur la course. C’est un épisode sur les histoires qu’on se raconte. Et sur ce qui peut changer… quand on arrête de s’auto-saboter. 🎧 Bienvenue sous la surface. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • January 9 · 5 min

    Et donc… je fais comment, moi ?

    Tu veux marcher 20 min à la lumière du jour ? Super. Mais quand tu te lèves à 6h30, que t’as deux enfants, un boulot, et qu’il fait encore nuit… C’est censé se passer comment, exactement ? Dans cet épisode, je te parle de ces “bons conseils” qu’on voit partout: ceux qui, à force de répétition, finissent par devenir des injonctions. Tu sais, ceux qui oublient qu’on vit dans le réel. Avec des horaires. Des enfants. Du stress. Et parfois… zéro marge de manœuvre. Je te partage mon vécu, mon regard de naturopathe, et surtout : 👉 des alternatives concrètes 👉 sans culpabilité 👉 sans pression Juste de la clarté et de la douceur. Écoute l’épisode, partage-le si tu t’es reconnue, et dis-moi si tu veux plus de contenu comme ça : vrai, nuancé, humain. 💛 Julie This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • January 2 · 7 min

    Détox: le mensonge le plus rentable du bien-être

    On te vend des détox comme si ton corps avait besoin d’être nettoyé. Comme si ton foie ne faisait plus son travail. Dans cet épisode de Sous la surface, je t’explique simplement pourquoi ton corps n’a pas besoin de cures miracles. Et ce qui fatigue vraiment le foie au quotidien: stress, sommeil, alimentation pauvre en nutriments, déséquilibres hormonaux. Un épisode pour remettre du bon sens là où le marketing prend trop de place. 🎧 Épisode disponible maintenant. Lien Apple Podcast Lien Spotify This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

  • Dec 30, 2025 · 9 min

    Après le verre 🍸

    On parle souvent de l’alcool comme d’un moment de détente. Un verre pour souffler. Pour relâcher la pression. Mais on parle beaucoup moins de ce qui se passe après. Chez moi, le lendemain n’avait rien d’anodin. Anxiété brutale. Crises d’angoisse. Un corps en alerte maximale, sans raison apparente. Pendant longtemps, je n’ai pas voulu faire le lien. Parce que je buvais “comme tout le monde”. Parce que ce n’était ni quotidien, ni excessif en apparence. Dans cet épisode très personnel, je te raconte comment j’ai compris ce que l’alcool déclenchait réellement en moi pourquoi j’ai arrêté, sans dogme ni étiquette et ce que ça a changé, concrètement, dans mon équilibre émotionnel. Un épisode pour éclairer. Pas pour imposer. This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit julienaturo.substack.com

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