
Comment a-t-on exclut les femmes des rues et de l'espace public ?
La rue appartient-elle à tout le monde ? En observant la taille des trottoirs, la carte des transports ou l'occupation des bancs publics, la réponse est claire : la ville contemporaine a hérité d'un modèle pensé par et pour les hommes. 90 % du budget public dédié aux équipements sportifs de quartier profite aux garçons. Les femmes, elles, multiplient les micro-trajets en étoile tout en évitant de s'attarder dans la rue pour ne pas être exposées au harcèlement. Pourtant, cette exclusion ne date pas d'hier. Du Forum romain aux vespasiennes d'Haussmann, l'architecture a toujours reflété le statut juridique des femmes — longtemps assimilées à de perpétuelles mineures confinées à la sphère privée. Analyse des mécanismes invisibles qui font de l'espace public une arène masculine, et des solutions pour réinventer le droit à la ville pour toutes.